Infantino jamais en retard d’une décla surréaliste : « L’Iran est bienvenue aux États-Unis pour la Coupe du monde »

Malgré la guerre ouverte entre Washington et Téhéran, Gianni Infantino assure que la sélection iranienne sera autorisée à participer au Mondial 2026. Une décision jugée irréaliste, révélatrice d’un football qui veut jouer les diplomates malgré les bombes.

La scène a tout d’un paradoxe géant. Tandis que les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont atteint un point de non-retour après plusieurs semaines de frappes sur Téhéran, la FIFA a tenu à rappeler que la Coupe du monde devait rester un espace de neutralité et de rassemblement. Gianni Infantino, de retour d’une rencontre avec Donald Trump, a ainsi affirmé que “l’équipe nationale iranienne est bien sûr la bienvenue” sur le sol américain pour disputer le Mondial 2026. La déclaration a été publiée mercredi matin dans un communiqué officiel, déclenchant aussitôt une vague de réactions entre fascination et incrédulité.

Le football, dernière scène du “soft power”

Le dirigeant suisse a présenté cette prise de position comme « un signal fort pour la paix”, soulignant que le football “unit les peuples là où la politique les divise”. Une formule soigneusement calibrée, qui relève autant du symbole que de la diplomatie sportive. Car si Donald Trump a effectivement donné son accord, cette approche semble surtout servir les intérêts d’image du président américain, décoré en décembre du surprenant “Prix de la paix de la FIFA”. En pleine campagne de reconsolidation internationale, ce geste pourrait se lire comme une opération de communication habile : montrer au monde un visage d’ouverture sans modifier la dure réalité du conflit.

Pour Gianni Infantino, la partie est tout aussi délicate. À quelques semaines du coup d’envoi, la FIFA ne peut se permettre un scandale diplomatique ou un boycott massif. L’exclusion de l’Iran, pourtant qualifiée sportivement, aurait remis en cause le principe fondamental d’inclusion que l’organisation prétend défendre. En autorisant la sélection iranienne, Infantino joue donc une carte risquée : celle du dialogue par le sport, quitte à ignorer le fracas des bombes et la douleur d’un peuple meurtri.

Du côté de Téhéran, les autorités sportives se retrouvent dans une impasse morale. Selon plusieurs sources locales, la Fédération iranienne étudierait désormais la possibilité d’un retrait volontaire de la compétition. “Nous ne pouvons pas envoyer nos joueurs dans un pays qui nous bombarde”, aurait confié un membre de son comité exécutif à la presse persane. Une déclaration lourde de sens, qui place la FIFA devant un dilemme inédit : peut-on prétendre célébrer l’unité mondiale quand un participant joue sous les sirènes d’alerte ?

Si la Coupe du monde a souvent franchi les frontières politiques – de l’Afrique du Sud post-apartheid à la Russie de 2018 – jamais elle ne s’était tenue dans un contexte de guerre aussi directe entre nations. En affichant son optimisme, Infantino tente de préserver le mythe d’un football universel. Mais derrière le discours lisse et les photos souriantes, ce Mondial s’annonce comme celui du contraste absolu : entre la paix des stades et la fureur des champs de bataille.