Comme un air de déjà-vu. Une fois encore, l’arbitre Gil Manzano s’est retrouvé au centre des critiques après un match qu’il arbitrait un match du FC Barcelone.
L’arbitre originaire d’Estrémadure a exaspéré les joueurs blaugranas et leur entraîneur, Hansi Flick, dimanche soir à Anoeta, mettant ainsi fin à la série de onze victoires consécutives du club catalan. Entre décisions discutables, malchance – cinq tirs sur les montants – et la prestation remarquable d’Álex Remiro, les Barcelonais ont de quoi ruminer.
En conférence de presse, Flick n’a pas mâché ses mots : « Je sais comment est cet arbitre. Tout le monde a vu. Je ne veux pas gaspiller d’énergie avec lui. J’avais déjà lu des choses à son sujet avant le match. Il y a de très bons arbitres en Liga, mais tout le monde sait comment il est. Frenkie a raison : il reste calme, c’est le capitaine, il veut parler avec lui mais n’y arrive pas. Nous non plus, même avec le quatrième. Ce n’est pas agréable, mais c’est ainsi. Il y a un manque de communication avec cet arbitre », a-t-il regretté.
Le technicien allemand s’est même souvenu, non sans ironie, du rôle du VAR lors d’un but refusé à Lewandowski la saison passée pour un hors-jeu inexistant : « Bon travail », a-t-il lancé en espagnol, sourire en coin, en comparant la situation avec une action similaire vécue cette saison par Lamine Yamal.
Frenkie de Jong avait déjà ouvert les hostilités quelques minutes plus tôt, face aux caméras. « On ne peut même pas lui parler. Je suis capitaine, j’ai le droit, mais il me regarde de haut. C’est frustrant. Je lui dis juste de surveiller le temps parce qu’ils mettent trop longtemps à jouer, et il me met un carton. C’est fou », s’est emporté le milieu néerlandais.
Le passif s’allonge entre Gil Manzano et le Barça. Déjà en décembre, lors du derby face à Girona, l’arbitre avait annulé un but de Cubarsí pour une faute discutable, ignoré un coup de coude sur Rashford dans la surface, puis expulsé Flick. Le technicien allemand avait alors manqué le Clasico au Bernabéu. Ce soir-là, son geste de colère – une « botifarra » historique – après le but victorieux d’Araujo était resté célèbre : « Le football, c’est de l’émotion pure. Ma célébration n’était dirigée contre personne », avait-il justifié après coup.
Même la direction du Barça, par la voix de Joan Laporta, avait pointé du doigt l’arbitre : « Son attitude ne m’a pas plu. Il a expulsé presque tous nos meilleurs joueurs. Il suffit de voir son historique avec nous, il se passe toujours quelque chose. Et, comme par hasard, juste avant un match décisif pour la tête du championnat », a regretté le président catalan.
Difficile de lui donner tort. Gil Manzano détient le record peu enviable d’arbitre le plus défavorable au Barça au XXIe siècle : neuf défaites, huit nuls et vingt-huit victoires en quarante-cinq matches. Près de 40% des rencontres dirigées par lui se sont soldées sans succès pour les Blaugranas, et une sur cinq par une défaite. Il est aussi celui qui a le plus souvent expulsé des joueurs catalans : sept cartons rouges directs et quatre doublons d’avertissements. Lewandowski, Messi, Neymar, Suárez… tous ont connu son autorité. Le fossé semble désormais infranchissable entre Gil Manzano et le FC Barcelone.
