Habib Beye réalise le rêve de sa vie

Nommé entraîneur de l’Olympique de Marseille jusqu’en juin 2027, Habib Beye s’est présenté ce jeudi 19 février devant la presse phocéenne.

Dans un contexte agité post-De Zerbi, le Sénégalais, passé par le club comme joueur, a balayé les doutes avec calme et pragmatisme, insistant sur le plaisir et la performance immédiate avant le déplacement à Brest.

Habib Beye n’a pas caché sa fierté d’intégrer le banc marseillais, un club qu’il connaît pour y avoir évolué quatre ans en tant que capitaine. « C’est une grande fierté, je suis très heureux d’être ici », a-t-il déclaré, tout en tempérant les émotions : son unique appel avant la signature fut pour sa mère, et les vraies effusions attendront une victoire, dès vendredi soir face à Brest. Ancien du Red Star en National puis de Rennes en Ligue 1, il voit ce poste comme un « step » naturel, fruit d’un parcours bâti « étape par étape ». Face aux critiques sur son timing ou son expérience, il balaie d’un revers : « Je n’ai rien à prouver à qui que ce soit. Si je suis là, c’est parce que j’ai travaillé. »

Un calme volcanique pour apaiser le Vélodrome

Beye arrive avec une philosophie sereine, inspirée de Pape Diouf, son « père spirituel » : « Quand le feu brûle à Marseille, il faut parfois le laisser brûler car il s’éteint tout seul. » Conscient de l’agitation récente – départ conflictuel de Rennes, maintien de Medhi Benatia –, il priorise l’apaisement : « Ce club vous amène dans des émotions immenses, mais il faut rester froid, calme et serein. » Son contrat d’un an et demi ? « Pas court terme à l’OM, où tout est soumis à la performance », souligne-t-il, saluant la confiance de Frank McCourt et Benatia.

Rencontre déjà fructueuse avec le groupe ce matin : « Beaucoup de sourires, une bonne connexion. » Il cible les lacunes défensives récurrentes, promettant une « remontée collective » pour dominer plutôt que subir. Système en 4 ou 5 derrière ? Flexible, avec des joueurs adaptables ; pas de révolution en 24 heures, mais des « petites touches » avant le stage en Espagne.

Son projet ? Vertical et dominant, valorisant la qualité de l’effectif pour un football « qui ressemble à cette ville, ce stade ». « Ici, il faut vibrer, se reconnaître dans l’équipe », insiste-t-il, sans dénigrer l’héritage récent : un OM spectaculaire ces dernières années. Son passé phocéen offre un atout – « sentir ces valeurs » – mais pas plus : « Je serai jugé sur les résultats. »

Objectifs clairs : podium en Ligue 1, qualification en Champions League, sacre en Coupe de France, premier trophée depuis 2012. Rennes ? « Du passé », page tournée pour un challenge plus haut. Beye incarne déjà l’identité marseillaise : serein mais volcanique sur le terrain, focalisé sur l’instant. Le terrain, révélateur ultime, tranchera.