Habib Beye est un sacré veinard

À peine parti de Rennes, Habib Beye a trouvé refuge à l’Olympique de Marseille. Un virage spectaculaire qui étonne autant qu’il intrigue. Pour Johan Micoud, consultant sur la chaîne L’Équipe, l’ancien défenseur marseillais vient de saisir une chance rarissime dans une carrière d’entraîneur.

Rebondir après un licenciement n’est jamais simple, encore moins dans l’univers impitoyable de la Ligue 1. Mais en deux semaines, Habib Beye a réussi à transformer un coup dur en incroyable ascenseur émotionnel. Mis à la porte par le Stade Rennais après une série décevante et quelques tensions internes, le technicien de 47 ans a vu s’ouvrir devant lui une porte qu’il n’osait sans doute plus espérer : celle du banc de l’OM, son club de cœur.

Pour Johan Micoud, qui connaît bien le milieu, cette trajectoire relève presque du miracle professionnel. « C’est une chance exceptionnelle pour lui, par rapport à son parcours », a estimé l’ancien international tricolore sur le plateau de L’Équipe. Et de rappeler que le parcours de Beye, bien que méritant, n’indiquait en rien une telle ascension express.

De Red Star à l’OM, un bond spectaculaire

Avant cette nomination, Habib Beye s’était fait un nom au Red Star, en menant le club audonien vers la montée en Ligue 2 grâce à un vrai travail de fond et une approche humaine très remarquée. Ses débuts à Rennes, eux, avaient suscité curiosité et espoir, mais la greffe n’a jamais complètement pris. La dynamique s’est enrayée, les résultats ont suivi, jusqu’à ce départ forcé au pire moment de la saison.

C’est dans ce contexte que son arrivée à Marseille prend tout son relief. « En quinze jours, il passe d’un licenciement à une nomination dans l’un des plus grands clubs français », s’étonne Micoud. « C’est quand même exceptionnel. Pour moi, il a tiré le bon numéro. » L’expression dit bien l’idée : dans ce milieu où les opportunités se comptent sur les doigts d’une main, décrocher l’OM dans ces conditions équivaut presque à un coup de destin.

D’autant que le risque paraît mesuré. Si Beye parvient à insuffler une nouvelle dynamique à une équipe en crise, il entrera dans une autre dimension. Et si les résultats ne suivent pas, il sera perçu comme un entraîneur ayant tenté sa chance dans un contexte difficile, loin d’un échec rédhibitoire. « Quoi qu’il arrive, il sort gagnant de cette expérience », résume Micoud.

En quelques jours, Habib Beye est donc passé du flou à la lumière, du doute à la scène la plus exposée du football français. Pour un homme qui connaît par cœur la pression olympienne, ce retour au Vélodrome symbolise à la fois une revanche et un pari risqué. Mais pour certains observateurs, le destin du nouveau coach phocéen est déjà une belle histoire en soi : celle d’un compétiteur qui, même après la tempête, a su rester prêt à saisir sa chance.