Haaland valide Cherki : «On a fait une très bonne affaire avec Lyon»

Il aurait pu se contenter de célébrer la victoire, souffler après un choc de Premier League à haute tension. Mais Erling Haaland a choisi les mots. Et quand le meilleur buteur de la planète prend la parole pour encenser un coéquipier, le football retient son souffle.

Au micro de Canal+ dimanche soir, après le succès arraché face à Arsenal (2-1), le Norvégien n’a pas mâché ses mots : «On a fait une très bonne affaire avec Lyon, on est très chanceux. Rayan a quelque chose de très spécial.» Trois phrases. Une sentence définitive.

Le verdict d’un pair, le plus précieux des éloges

Dans le monde du football de haut niveau, les compliments d’un entraîneur sont souvent protocolaires. Ceux d’un directeur sportif, calculés. Mais l’admiration spontanée d’Erling Haaland — homme de peu de mots, mesurant chaque déclaration — appartient à une autre catégorie. C’est la validation la plus brute qui soit : celle d’un champion qui reconnaît en son coéquipier quelque chose qu’il ne peut pas fabriquer lui-même.

Ce «quelque chose de très spécial» que décrit le Scandinave, les supporters de Manchester City en ont eu la démonstration éclatante ces dernières semaines. D’abord face à Chelsea, balayé 3-0, où Cherki a distribué deux passes décisives d’une générosité désarmante, attirant les défenseurs dans son orbite avant de servir Haaland sur un plateau. Puis dimanche, contre Arsenal, où le Français a inscrit le but libérateur d’un slalom dévastateur.

Lyon a vendu, City a gagné le jackpot

La déclaration de Haaland prend une résonance particulière quand on replace le transfert dans son contexte. Lorsque Rayan Cherki a quitté l’Olympique Lyonnais pour rejoindre l’Etihad Stadium, les doutes étaient nombreux. Trop irrégulier, disaient certains. Pas assez rigoureux pour le système Guardiola, estimaient d’autres. Christophe Dugarry avait fait de ce scepticisme son fonds de commerce médiatique.

Aujourd’hui, avec 10 buts et 13 passes décisives en 44 matchs — malgré deux mois d’absence sur blessure — le dossier est instruit. Cherki figure parmi les rares joueurs des cinq grands championnats à aligner un double-double cette saison, aux côtés de Vinicius Junior et Lamine Yamal. L’OL, lui, regarde depuis Lyon ce qu’il a laissé partir.

Une association qui redessine City

Ce que Haaland a compris avant tout le monde, c’est la mécanique invisible qui se joue entre lui et Cherki. Le Français n’est pas simplement un beau joueur — il est un accélérateur de particules pour le Norvégien. En aspirant deux ou trois défenseurs à chaque prise de balle, il fabrique du vide là où Haaland prospère. Une symbiose rare, presque instinctive, qui donne à Manchester City une dimension supplémentaire dans le sprint final pour le titre.

«On est très chanceux», a conclu Haaland. Dans la bouche d’un homme habitué à tout dominer par la force, l’aveu de cette chance ressemble presque à de la tendresse. Et pour Rayan Cherki, c’est sans doute la plus belle des consécrations.