Alors qu’une crise de gouvernance traverse les Girondins de Bordeaux selon la presse locale, une offre de reprise pourrait arriver plus tôt que prévue.

Les deux actionnaires, GACP et King Street, ne communiquent pas. Tout comme la direction du club qui laisse les rumeurs enfler autour de l’avenir des Girondins de Bordeaux. Seul l’entraîneur Paulo Sousa prend la parole sur ce sujet sensible. « Je crois que dans un avenir proche, il y a d’autres personnes qui vont parler de la situation de notre club » a déclaré l’entraîneur portugais en conférence de presse, sans indiquer s’il possédait des éléments nouveaux. « On sait que ça doit se régler, on espère que ce sera le plus vite possible pour donner de la stabilité à tout le monde. »

Ce calendrier de sortie de crise tient à l’avancée des discussions financières entre les deux fonds d’investissement en conflit. Le scénario le plus probable d’un rachat des parts de GACP, actionnaire manager (13,6 %) par l’actionnaire majoritaire King Street (86,4 %) a en tout cas aiguisé les intérêts. Selon Sud Ouest, au moins un candidat potentiel est déjà parti aux renseignements auprès de King Street. Il s’agit de l’ingénieur informatique et banquier Bruno Fievet, nommé en 2017 ambassadeur des Girondins en Suisse. Sollicitant Stéphane Martin, alors président, il avait participé au développement de ce réseau international. Sa société The Key SA gère quelque 250 millions d’actifs. Contacté, Bruno Fievet reconnaît un intérêt mais se dit d’abord dans l’attente de l’évolution de la situation à la tête du club et de savoir si King Street sera effectivement vendeur.

Selon les informations distillées par Sud Ouest, cette hypothèse est loin d’être vérifiée. King Street serait sûrement vendeur en cas d’offre mirobolante. Ce qui ne semble pas le cas avec le projet Fievet. Ce supporter des Girondins, vu régulièrement au Matmut Atlantique, s’appuierait sur une mise de départ de 100 millions d’euros pour le rachat et pour un investissement immédiat. Soit le prix d’achat des Girondins à M6 par les deux fonds d’investissement américain. Dans la logique de King Street, qui a apporté 60 millions d’euros lors du rachat, l’offre est insuffisante. Avec quelques 40 milliards d’actif sous gestion, King Street peut prendre le temps de voir venir. Quand bien même les Girondins sont structurellement déficitaires, d’où la bisbille avec GACP.

Le fonds privilégie sans doute une autre stratégie. A savoir devenir seul maître à bord pour stabiliser le club financièrement afin de le valoriser en vue d’une revente à moyen terme. D’autant que les fondamentaux économiques vont changer dans quelques mois avec l’entrée en vigueur du nouveau contrat avec les diffuseurs et l’arrivée notamment de Mediapro qui va investir 800 millions d’euros par an de 2020 à 2024 pour diffuser la grande majorité des matchs de Ligue 1​ et Ligue 2.