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FC Nantes – Halilhodzic : “Si on se maintient, j’apporte du vrai champagne”

Vahid Halilhodzic (Photo by Eddy Lemaistre/Icon Sport)

À 73 ans, Vahid Halilhodzic signe un come-back inattendu sur le banc du FC Nantes. Cinq ans après une séparation houleuse, le technicien bosnien retrouve la Beaujoire avec une mission claire : sauver les Canaris d’une chute en Ligue 2. Et dès sa première conférence de presse, le ton était donné.

Vahid Halilhodzic n’a rien perdu de son franc-parler légendaire. Présenté ce mercredi devant les médias, le nouvel entraîneur nantais a déroulé sa tirade habituelle entre passion, humour et piques bien senties. Face à une salle comble, l’ancien sélectionneur du Maroc a planté le décor dès ses premiers mots : “Même la presse fait la gueule. Pourquoi je suis revenu ?”. Une boutade pour détendre l’atmosphère avant d’aborder ce qui ressemble à une mission quasi désespérée : maintenir un FC Nantes 17e et en grande difficulté à neuf journées de la fin.

Une mission de cœur et de fierté

Revenir sur les bords de l’Erdre n’allait pourtant pas de soi pour celui qui avait claqué la porte en 2019, fâché avec la famille Kita. “Au départ, j’ai dit niet. Puis ils ont insisté, et mon cœur a parlé. C’est mon club, j’ai trop de souvenirs ici”, a-t-il confié avec émotion. Derrière les lunettes sombres et le verbe tranchant, se cache toujours cet entraîneur habité, amoureux du jeu et du blason.

Mais l’homme est lucide sur la montagne qui se dresse devant lui : “Quand on regarde le classement… c’est presque mission impossible. L’objectif, c’est d’être barragiste. Si on peut faire mieux, tant mieux.” Lutter avec le cœur, retrouver l’esprit du FCN : voilà la ligne directrice de cette nouvelle aventure.

Toujours prompt à faire passer ses messages, Halilhodzic n’a pas hésité à secouer un vestiaire qu’il juge trop tendre. “Peut-être que certains se sont laissés aller. Ils ne sont pas habitués à gagner. S’ils veulent jouer en D2, ils perdront toute crédibilité. Avec moi, on va bosser !” Un cri de ralliement lancé à ses joueurs, qu’il compte remobiliser à coups de travail intensif et de discours galvanisants.

“Le foot est ma passion, même avec un genou en vrac”

Son exigence ne s’est pas émoussée avec le temps. Le Bosnien, mal en point physiquement, assure qu’il restera au contact de son groupe : “Le médecin me dit de ne pas courir, mais je peux faire des pompes ! Je fais 30, 40 sans problème. Le foot, c’est ma vie.” Cette phrase résume tout : à 73 ans, “coach Vahid” n’a rien perdu de la fougue qui a marqué ses précédents passages, que ce soit à Nantes, au PSG ou sur les bancs des sélections africaines.

Enfin, interrogé sur sa relation avec la direction, le technicien a tenu à clarifier : “Je ne travaille pas pour la direction, je travaille pour le FC Nantes. Kita est le patron, mais ce club appartient à beaucoup de monde… un peu à moi aussi.” Le message est clair : Halilhodzic revient en capitaine libre, justicier sentimental d’un club qu’il n’a jamais cessé d’aimer.

“Si on se maintient, j’apporte du vrai champagne”, a-t-il lancé en guise de promesse. À Nantes, on espère déjà sabrer la bouteille d’un miracle signé Vahid.

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