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FC Liverpool : Arne Slot répond sèchement aux critiques de Wayne Rooney

Arne Slot - Photo by Icon Sport

Arne Slot a sèchement répondu à Wayne Rooney, qui estime que le Néerlandais ne possède pas l’« aura » nécessaire pour être l’homme de base de Liverpool.

L’ancienne star de Manchester United et de l’Angleterre avait livré un verdict brutal sur Slot, pointant les difficultés des Reds cette saison, malgré un titre de Premier League décroché dès sa première campagne à Anfield.

Rooney a jugé que Slot n’avait pas le charisme de son prédécesseur Jürgen Klopp, artisan du sacre en championnat mais aussi des triomphes en Ligue des champions, FA Cup et League Cup avec Liverpool.
« Je ne pense tout simplement pas que, pour Liverpool, il ait cette aura, a lancé Rooney. Peut‑être parce que le club sort tout juste de l’ère Jürgen. C’est difficile pour n’importe qui de lui succéder, mais je ne ressens pas cette aura chez lui », a-t-il développé.

Avec Liverpool seulement sixième avant le déplacement de dimanche à Nottingham Forest, Rooney est même allé plus loin en affirmant que Slot serait licencié s’il échouait à qualifier les Reds pour la prochaine Ligue des champions.
Interrogé sur ces critiques tranchantes, le coach des Reds a choisi de recadrer le débat : « Tout le monde a le droit de comparer les gens entre eux, mais est‑ce vraiment juste ? Nous sommes tous différents. Le seul point commun entre Jürgen et moi, c’est que nous avons tous les deux remporté le championnat – et ce n’est déjà pas si mal, non ? ».

Slot a ensuite dégainé l’argument de son palmarès. « Je pense que plus un entraîneur gagne, plus il a d’aura, de manière générale. Je ne sais pas si vous partagez l’avis de Wayne Rooney, mais si c’était l’opinion générale, on dirait sans doute que j’avais plus d’aura la saison dernière que cette saison », a-t-il ironisé.
Avant d’ajouter, un brin piquant : « Peut‑être qu’il est le seul à penser ça, je ne sais pas, c’est vous qui me le direz. C’est la première fois que j’entends ça. ».

S’il reconnaît volontiers le magnétisme de Klopp – « C’est clair que Jürgen a une aura », souffle-t-il –, Slot refuse de s’auto‑juger mais glisse tout de même un message : « Je peux parler de lui, pas de moi. Mais un entraîneur qui gagne a, lui aussi, une aura ».

Malgré une saison compliquée, Liverpool n’a perdu que deux de ses quatorze derniers matches de championnat et s’est replacé dans la course au top 4, avec une cinquième place qui pourrait suffire pour la C1.
Slot sait néanmoins que les Reds devront tenir ce rythme jusqu’en mai pour rester dans le bon wagon et il admet que le métier de manager est plus exigeant que jamais : « Dès que vous perdez un ou deux matches, il y a beaucoup plus de choses qui se disent et beaucoup plus de pression. Ça rend les choses plus difficiles ».

Le Néerlandais pointe aussi le poids médiatique croissant : « Le job est devenu plus dur à cause de toute l’attention des médias. Hier, je devais faire quelque chose, aujourd’hui encore autre chose. Tenir huit, neuf, dix ans au plus haut niveau comme Jürgen ou Pep Guardiola, c’est peut‑être le plus grand exploit, parce que c’est un travail éreintant », souligne‑t‑il.

Lorsqu’on lui demande si l’entraîneur est encore la figure centrale d’un club, Slot botte en touche : « Ça ne m’intéresse pas de savoir qui est le plus important. Ce qui m’importe, c’est le travail que j’ai à faire. Je suis très heureux d’être entraîneur. Si je devais en plus gérer les négociations de contrats, parler aux agents, toutes ces choses, je me demande comment une seule personne pourrait tout faire ».
« De toute façon, les plus importants, ce sont toujours les propriétaires. Ce sont eux qui choisissent le directeur sportif, puis l’entraîneur. S’ils prennent les bonnes décisions, vous avez plus de chances de réussir », poursuit-il.

La défaite 3‑0 à Anfield contre Forest en novembre reste l’une des nombreuses soirées difficiles pour les champions en titre, mais elle n’est pas isolée.
« On en a eu quelques‑unes, reconnaît Slot. Le 1‑1 contre Burnley a été très dur à encaisser. La défaite contre Manchester City aussi, parce qu’on avait très bien joué, on méritait beaucoup mieux ».

Le technicien se remémore une série de scénarios cruels : « La première défaite, à Crystal Palace à l’extérieur, quand vous attendez de marquer le deuxième but et que vous encaissez dans le temps additionnel de la prolongation… Leeds a été très dur, Bournemouth aussi, tout ça parce que ça se joue dans les dernières secondes. C’est incroyable ».
« On a rarement perdu un match où l’on pouvait se dire : “OK, celle‑là, elle est normale”. Peut‑être City à l’extérieur (3‑0 en novembre), c’est probablement la seule. Ce n’était pas agréable à vivre, mais c’est la seule qui était vraiment méritée », conclut Slot, déterminé à prouver que son aura se mesure d’abord au tableau d’affichage.

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