Le lendemain du sacre de l’ESTAC Troyes, champion de Ligue 2 après une victoire écrasante 4-0 contre Laval samedi soir au Stade de l’Aube, le club aubois a lâché une bombe. Ce dimanche 3 mai 2026, l’ESTAC a officialisé la séparation avec son directeur sportif Antoine Sibierski, 51 ans — l’homme qui a largement contribué à bâtir cette équipe championne. Une rupture brutale, dans un timing incroyable, qui révèle des tensions internes profondes au sein du club.
Le communiqué officiel est sobre, mais la réalité derrière l’est bien moins. L’Espérance Sportive Troyes Aube Champagne et Antoine Sibierski annoncent la fin de leur collaboration d’un commun accord. L’ESTAC remercie Antoine Sibierski pour son engagement et sa contribution à la réussite sportive du club et lui souhaite une pleine réussite pour la suite de sa carrière professionnelle. Des mots polis qui masquent une réalité plus crue. La décision a été prise par le président Edwin Pindi dans un contexte de dégradation marquée des relations entre les deux hommes. La situation interne était devenue intenable, rendant la séparation inéluctable. Sibierski ne sera d’ailleurs pas présent dans les tribunes pour assister au match et participer aux grandes festivités liées à l’accession officielle du club en Ligue 1 — une image qui dit tout de la fracture entre les deux parties. Être exclu des célébrations du titre que l’on a contribué à construire : il faut chercher longtemps dans le football français pour trouver un destin aussi paradoxal.
Car le bilan d’Antoine Sibierski à Troyes est pourtant remarquable. Arrivé au club en juillet 2024 pour piloter la reconstruction de l’ESTAC après sa relégation en National, l’ancien milieu de terrain a réussi à redresser le club et le ramener en Ligue 1 en deux ans. Un travail reconnu bien au-delà des frontières de l’Aube : Anderlecht a déjà eu des entretiens positifs avec le dirigeant de 51 ans, et trois clubs de Ligue 1 — Auxerre, Nantes et Monaco — suivaient de près le dossier. Son départ anticipé de Troyes simplifie les négociations avec le Sporting d’Anderlecht, où il est pressenti pour succéder à Olivier Renard en tant que Chief Technical Officer — une nomination qui devrait être rapidement officialisée. L’ESTAC perd son architecte sportif au moment précis où le chantier le plus complexe commence : la Ligue 1.
La direction troyenne doit désormais agir vite pour ne pas rater ses premières semaines dans l’élite. Plusieurs profils sont à l’étude pour remplacer Sibierski : Bafétimbi Gomis, Yohan Cabaye, Julien Fournier et Jocelyn Blanchard figurent parmi les candidats étudiés. Des noms qui font saliver, mais le temps presse : recruter un DS compétent, construire un effectif compétitif pour la Ligue 1, garder les meilleurs éléments d’une équipe championne — dont Bentayeb, meilleur buteur de Ligue 2 avec 17 buts — tout cela doit se faire en quelques semaines. L’expérience de Sibierski, passé par Manchester City et le FC Nantes durant sa carrière de joueur, avait constitué un atout stratégique pour un club appartenant au City Football Group — un réseau que son successeur devra également savoir activer. À Troyes, la montée en Ligue 1 est signée. L’avenir, lui, reste à écrire.


