Touché à la cuisse gauche, Jules Koundé ne devrait pas participer au prochain rassemblement de l’équipe de France, prévu à la fin du mois de mars pour deux affiches prestigieuses face au Brésil (26 mars) et à la Colombie (29 mars).
Un coup dur pour Didier Deschamps, à quelques mois de l’Euro, mais aussi une nouvelle opportunité pour repenser son couloir droit. Selon Canal+, le sélectionneur ne devrait pas convoquer un latéral de métier pour pallier l’absence du Barcelonais. À la place, il songerait à un profil plus atypique : Warren Zaïre-Emery.
Polyvalence et hiérarchie bousculée
Âgé de 19 ans, le Parisien impressionne depuis plusieurs mois par sa maturité et sa capacité d’adaptation. Initialement formé comme milieu relayeur, Zaïre-Emery n’a pas hésité à dépanner au poste de latéral droit au PSG cette saison, convainquant Luis Enrique par sa rigueur défensive et son intelligence tactique. Ses performances à ce nouveau rôle ont visiblement retenu l’attention du staff des Bleus.
Dans l’idée de Deschamps, Zaïre-Emery pourrait donc servir de doublure à Malo Gusto, tout en conservant sa place potentielle dans la rotation du milieu de terrain. Un double rôle qui s’inscrit dans la philosophie de flexibilité tactique du sélectionneur, soucieux de multiplier les options à l’approche d’un tournoi international, sans déséquilibrer un groupe déjà bien établi.
« Warren a déjà montré qu’il peut jouer à plusieurs postes sans perdre en efficacité », confiait récemment un membre de l’encadrement tricolore. « Dans une liste à 23, cette polyvalence a beaucoup de valeur. »
Une porte entrouverte dans l’entrejeu
Ce repositionnement improvisé pourrait toutefois rebattre les cartes au milieu. Si Zaïre-Emery venait à être retenu davantage comme solution de secours en défense, une place se libérerait dans l’entrejeu. Et plusieurs candidats espèrent en profiter. Adrien Rabiot et Aurélien Tchouaméni restent des titulaires en puissance, mais derrière eux, des profils comme Eduardo Camavinga, Fofana ou encore le Lyonnais Caqueret peuvent nourrir des ambitions.
Deschamps, fidèle à sa méthode, devrait attendre les derniers matchs de clubs avant de trancher. Mais cette réflexion tactique illustre le virage rajeunissant de l’équipe de France, portée par une génération qui ne craint pas de sortir des cadres classiques. Zaïre-Emery, déjà capitaine du PSG à 18 ans, incarne parfaitement cette nouvelle ère : celle d’une jeunesse à la fois talentueuse, malléable et décomplexée.
Si la blessure de Koundé est un contretemps, elle pourrait donc, paradoxalement, renforcer la polyvalence de l’effectif tricolore. En misant sur la créativité et la flexibilité plutôt que sur un simple remplacement poste pour poste, Deschamps confirme une tendance de fond : celle d’une sélection qui évolue avec son temps, prête à adapter les talents aux besoins du moment. Et dans ce jeu d’équilibre, Warren Zaïre-Emery semble déjà avoir une longueur d’avance.

