Malgré un parcours discret loin des radars français, Jean Butez n’a jamais cessé de croire à son étoile. À 30 ans, le gardien de Côme, récemment promu en Serie A, voit peut-être s’ouvrir une brèche inattendue : la hiérarchie des gardiens des Bleus pourrait bien vaciller.
Avec Lucas Chevalier désormais remplaçant au PSG et Alphonse Areola en difficulté à West Ham, Didier Deschamps pourrait revoir ses plans à l’heure d’annoncer sa liste pour le rassemblement de mars.
Un Français de l’étranger en mission
Formé à Lille mais exilé depuis près d’une décennie en Belgique avant de découvrir l’Italie, Jean Butez incarne à merveille la génération de joueurs qui ont choisi d’explorer hors des frontières. Devenu l’un des gardiens les plus réguliers de Pro League avec l’Antwerp, avant de poursuivre son ascension en Serie A, il a attiré l’attention du staff tricolore, toujours attentif aux profils constants et fiables. « J’y pense parce que les journalistes en parlent et que mon nom circule », confie-t-il avec un sourire au Parisien. Mais le Nordiste ne veut pas brûler les étapes : « Je reste focalisé sur mes performances avec Côme. Si une sélection arrive, ce sera la récompense logique du travail accompli. »
Sous la houlette de Cesc Fàbregas, son entraîneur, Butez s’impose comme l’un des artisans de la belle saison du petit club lombard. Ses arrêts décisifs et sa sérénité dans les airs témoignent d’une maturité acquise au fil des années. Une qualité précieuse dans l’esprit de Deschamps, toujours sensible aux profils expérimentés capables de s’intégrer rapidement dans un vestiaire très codifié.
Un rêve bleu ancré dans l’histoire familiale
Derrière la discipline et la discrétion du joueur, il y a un rêve d’enfant profondément ancré. « Je suis fier d’être Français, et ce serait une émotion immense de porter ce maillot », confie Butez avec émotion. L’ancien Dogue évoque son père, ancien footballeur amateur lillois, dont la passion pour le jeu l’a accompagné tout au long de son parcours. « Voir son fils toucher à ce monde-là le rendrait fier. Il a passé tant de temps sur les terrains et sur les routes pour me suivre. »
Cette dimension familiale confère à sa candidature une authenticité rare. Sans passé en Ligue 1, Butez n’a pas le profil médiatiquement évident du troisième gardien type, mais il incarne tout ce que Deschamps apprécie : la constance, le travail, et une mentalité irréprochable. Loin des projecteurs, il sait que le temps joue parfois en faveur de ceux qui patientent. Et à trois mois de l’Euro 2026, la porte n’a peut-être jamais été aussi entrouverte.
Didier Deschamps annoncera sa liste ce jeudi. Pour Jean Butez, il sera encore temps, après l’entraînement, de s’accorder quelques minutes face à l’écran, le cœur prêt à s’emballer. Au cas où son nom, enfin, résonnerait parmi ceux des Bleus.

