Enzo Le Fée, la renaissance anglaise avant le rêve tricolore

À Sunderland, l’ancien Lorientais renaît après deux années compliquées entre Rennes et Rome. À 26 ans, Enzo Le Fée a retrouvé son football et son ambition : viser, à terme, les Bleus.

Les sourires sont revenus sur le visage d’Enzo Le Fée. Outre-Manche, l’ancien milieu de Lorient s’épanouit enfin, loin des attentes déçues du championnat de France et du tumulte romain. À Sunderland, club mythique remonté en Premier League cette saison, le Breton a retrouvé ce qui faisait sa force : le rythme, la justesse, la liberté. Ses performances rappellent pourquoi il était autrefois perçu comme l’un des plus prometteurs de sa génération. Et lui-même l’avoue : l’horizon n’a jamais semblé aussi dégagé.

L’Angleterre comme second souffle

Tout est parti d’un pari. En rejoignant Sunderland l’été dernier, dans un projet encore fragile, Le Fée savait qu’il quittait le confort pour le défi. Mais à force de temps de jeu, de confiance et de travail, il a redonné vie à son football. Leader technique de l’entrejeu des “Black Cats”, il symbolise aujourd’hui cette reconstruction ambitieuse du club du nord de l’Angleterre.
À beIN SPORTS, il confiait récemment sa fierté d’avoir retrouvé un rôle central : « Ici, on me fait confiance, on me demande de créer, d’accélérer le jeu. Cela change tout mentalement. » Un regain de plaisir qui pousse naturellement les observateurs à reparler de lui en bleu.

“Les Bleus, un rêve avant tout”

Sans détour, Le Fée assume désormais cette ambition : « L’objectif ultime, c’est de jouer une Coupe du monde avec la France », a-t-il déclaré. Pas pour demain, ni pour l’Euro, précise-t-il. Mais à long terme, il ne s’interdit rien. À 26 ans, l’ancien Rennais sait que ses meilleures années arrivent enfin — surtout s’il continue à s’imposer dans la plus exigeante des ligues.
Il faudra du temps et des preuves, bien sûr. Dans le vivier actuel des milieux français — derrière des joueurs établis comme Tchouaméni, Camavinga, Fofana ou Guendouzi —, la concurrence est féroce. Mais Le Fée a déjà prouvé qu’il savait revenir de loin. Après des mois passés à douter, entre blessures et adaptation difficile en Italie, il a choisi l’effort et la patience plutôt que la résignation.

Réaliste mais ambitieux, il ne rêve pas seulement de sélection : il rêve de reconnaissance. Et si la Coupe du monde 2026 semble trop proche, l’idée de voir Enzo Le Fée postuler chez les Bleus d’ici la prochaine, en 2030, n’a plus rien d’impossible. L’histoire de sa carrière, atypique et tenace, ressemble d’ailleurs de plus en plus à une revanche.