Endrick, du Brésil à Lyon : la métamorphose d’un prodige

Arrivé en Europe avec le poids des attentes et le souffle chaud du mythe brésilien dans le dos, Endrick a trouvé à Lyon un théâtre inattendu pour sa mue vers la maturité.

À 19 ans, celui qu’on annonçait déjà comme le prochain crack auriverde découvre un football plus rugueux, plus cérébral aussi. Le gamin de Palmeiras, adulé au pays pour ses coups d’éclat précoces, a trébuché dans la transition, comme tant d’autres avant lui. Mais à Lyon, entre Rhône et Saône, il réapprend à respirer — loin des spots madrilènes, loin du tumulte. Certains parlent d’un pari fou, d’autres d’un tremplin bien calculé. Les chiffres se contredisent, mais une chose est sûre : le garçon n’a pas renoncé.

L’adaptation n’a rien d’un conte. Endrick découvre la discipline européenne, cette rigueur tactique qui ne pardonne ni les dribbles de trop ni les replis tardifs. Son instinct de soliste, forgé sur les terrains sablonneux de Brasília, se heurte aux automatismes d’un collectif rodé à la souffrance du bas de tableau. Et pourtant, ses éclairs rappellent parfois pourquoi le Real Madrid avait aligné un chèque aux zéros indécents pour le faire venir. Un tir du gauche au coin du but, un crochet dans un espace impossible… ces gestes-là, même dans le désordre lyonnais, rappellent que le talent ne se domestique jamais totalement.

Le pari lyonnais, entre audace et patience

On ne sait pas encore si cet exotisme a été calculé ou subi. Lyon cherche à se reconstruire, Endrick à se révéler — l’un et l’autre se trouvent dans une période d’entre-deux fascinante. Ce mariage entre deux crises pourrait accoucher d’un chef-d’œuvre ou d’une désillusion tranquille. Le public, d’abord sceptique, commence à s’attacher à cette boule d’énergie qui joue sans filtre, avec l’insouciance un peu arrogante qu’on croyait perdue. Et si ce gamin, venu d’un autre hémisphère, était justement le remède à la morosité lyonnaise ? Pour l’instant, il avance à petits pas. Mais dans chaque regard posé sur lui, il y a cette même promesse : celle d’un feu qui ne demande qu’à reprendre.