Duel de géants d’Italie pour ce géant du Bayern

À 31 ans, Leon Goretzka s’apprête à écrire un nouveau chapitre. Pas dans la gloire d’une prolongation triomphale au Bayern Munich, mais dans la discrétion d’un départ libre, après une saison passée à regarder jouer les autres. Milan et la Juventus se battent pour le récupérer. Et ce « transfert gratuit » va coûter une fortune.


La fin d’une histoire à Munich

Il fut l’un des meilleurs milieux d’Europe. Taulier du Bayern, pilier de la Mannschaft avec 67 sélections et 15 buts internationaux, double champion d’Allemagne, vainqueur de la Ligue des Champions. Leon Goretzka a tout gagné en Bavière. Mais les histoires de football finissent rarement comme on l’imagine.

Sous Vincent Kompany, la partition a changé. Kimmich et Pavlovic ont verrouillé l’entrejeu. Goretzka, relégué dans un rôle de rotation, a enchaîné les entrées en jeu, les titularisations en pointillé, les 1 800 minutes sur une saison entière. Le Bayern ne renouvellera pas son contrat, qui expire en juin 2026. Le club lui est reconnaissant. Mais il n’a plus besoin de lui.

Goretzka, lui, a encore faim.


Le paradoxe du « free transfer » à 30 millions

Sur le papier, le deal est séduisant : un joueur de cette expérience, disponible sans indemnité de transfert, c’est une aubaine rare. Dans les faits, c’est une tout autre histoire.

Goretzka réclamerait un salaire de 7 millions d’euros par saison, assorti d’une prime à la signature de 10 millions d’euros — soit un coût total qui s’approche des 30 à 31 millions d’euros sur trois ans. Fabrizio Romano et Matteo Moretto qualifient les négociations de « difficiles » pour les clubs intéressés. Libre ne signifie pas bon marché. Goretzka le sait, et son entourage ne fait rien pour minimiser ses prétentions.

C’est précisément là que la bataille entre Milan et la Juventus prend tout son sens : qui acceptera de payer le prix fort pour un joueur qui ne fera pas gagner le moindre centime au Bayern ?


Milan en pole, Juventus sous pression

L’AC Milan est le seul club à avoir mis trois ans sur la table, là où ses concurrents s’en tiennent à des offres de deux saisons. Les Rossoneri seraient prêts à proposer 5 millions d’euros par an, cherchant à restaurer la meilleure version du milieu de 31 ans dans un projet en reconstruction. La piste Goretzka s’inscrit dans une logique claire : apporter du caractère, de l’expérience et un leadership immédiat à un vestiaire qui en manque.

La Juventus, elle, ne reste pas les bras croisés. Le club turinois avait déjà tenté de recruter Goretzka à deux reprises par le passé. Cette fois, Luciano Spalletti l’a placé en haut de sa liste de priorités pour l’été. Mais la Vieille Dame hésite sur la durée du contrat et grince des dents face aux exigences salariales. Les dirigeants bianconeri estiment que ces montants sont trop élevés pour un joueur libre entrant dans la trentaine.

Arsenal, Inter et Manchester United gravitent en périphérie du dossier. Mais c’est bien entre Milan et Turin que la décision se jouera — sauf retournement de situation.


L’Italie comme terrain de revanche

Ce qui motive Goretzka dépasse le simple mercato. Le milieu allemand veut prouver qu’il peut encore peser dans un grand club, être titulaire indiscutable, retrouver le niveau qui était le sien avant la disgrâce bavaroise. La Serie A, exigeante tactiquement, valorise les profils box-to-box avec de l’expérience et du volume défensif. Goretzka y trouverait un environnement taillé pour sa résurrection.

Aucune décision rapide n’est attendue : Goretzka a prévu de choisir sa prochaine destination à une date ultérieure, une fois la saison terminée avec le Bayern. Le club munichois joue encore en Ligue des Champions — et le milieu entend rester professionnel jusqu’au bout.

La Serie A attend. Le compteur tourne. Et pour Goretzka, l’été 2026 ressemble moins à un départ qu’à un recommencement.