Ousmane Dembélé, longtemps cantonné à l’aile droite, bouleverse aujourd’hui les schémas offensifs au PSG et pousse Didier Deschamps à revoir sa manière de l’utiliser avec l’équipe de France.
Avec un volume de production proche des meilleurs attaquants d’Europe et un rôle plus central, le Ballon d’Or 2025 devient un casse‑tête tactique pour le sélectionneur à l’aube de la Coupe du Monde 2026.
Le virage tactique de Dembélé au PSG
Depuis la saison 2024‑2025, Ousmane Dembélé a connu un retournement spectaculaire au Paris Saint‑Germain, passant d’ailier droit classique à attaquant central libéré derrière le neuf. Selon FootBoom1, il a marqué 21 buts en 27 apparitions dès le début de 2025, un rythme inédit pour lui, contre seulement 6 buts en 42 matchs l’année précédente. Paris Fans, en reprenant Didier Deschamps dans L’Équipe, souligne que ce repositionnement dans l’axe change son profil : moins de courses longues sur le côté, plus de présence près de la surface et une finition plus directe.
L’ancien Barcelonais, 27 ans aujourd’hui, justifie ces chiffres par une meilleure régularité physique et une adaptation au 4‑2‑3‑1 de Luis Enrique, où il côtoie Mbappé, Thuram ou Ekitiké devant lui. Foot Mercato et Fichajes indiquent que, pour la saison 2025‑2026, il aligne déjà 11 buts et 7 passes décisives en championnat, avec un temps de jeu majoritairement dans l’axe, soit un ratio de contribution offensive proche des standards des meilleurs “faux neuf” européens.
Les déclarations de Deschamps sur l’axe
Confronté à cette transformation, Didier Deschamps n’a pas caché son intérêt pour le modèle PSG, tout en restant prudent sur un transfert direct en équipe de France. Dans L’Équipe cité par Paris Fans, il explique que voir Dembélé jouer plus haut, près de la surface, lui apporte un avantage majeur : moins de fatigue musculaire liée aux courses sur le flanc, plus de fraîcheur pour se projeter dans l’axe et finaliser. Il reconnaît que le Français “sent très bien les coups”, se positionne intelligemment et se montre décisif grâce à sa latéralité et sa précision des deux pieds.
Dans la même interview, Deschamps se refuse toutefois à le ranger dans la case “numéro 9” : “Ousmane n’a pas les caractéristiques d’un attaquant axial”, précise‑t‑il, avant d’ajouter qu’il ne peut pas “dire ni oui ni non” sur un usage plus central avec les Bleus. Ce flou suggère une expérimentation, notamment dans des matchs de préparation ou des phases de jeu où la France doit casser une défense compacte, plutôt qu’un changement de positionnement définitif.
Un test possible, mais pas un rôle fixe
Les dernières sélections de l’été 2025 et du printemps 2026 confirment que le joueur reste avant tout envisagé comme ailier droit jouant large, mais avec une très grande liberté de rentrer dans l’axe, à la manière de ce que l’on voit avec le PSG. Les compositions probables face à l’Allemagne en 2025, comme celles détaillées par FootMercato, le placent généralement sur le côté droit, avec Mbappé ou Thuram en pointe, ce qui ne laisse pas une place “officielle” de faux neuf dans le 4‑2‑3‑1 de base.
En revanche, Goal et des médias spécialisés soulignent que Deschamps n’exclut rien avant la Coupe du Monde 2026, et que le succès de Dembélé en pointe au PSG peut le pousser à tester ponctuellement ce schéma : par exemple en entrant en cours de match, en phase de creuser l’écart, ou face à une équipe regroupée. La présence de plusieurs profils de relais offensifs (Kolo Muani, Thuram, Ekitiké) renforce l’idée d’un système hybride, où Dembélé alternerait aile droite et zones centrales selon le contexte et la forme du moment.
Mondial 2026 : l’axe comme option de secours
Pour la Coupe du Monde 2026, les Bleus entrent dans une ère de surabondance offensive, avec une lignée de joueurs capables de remplir le rôle de neuf ou de faux neuf. Dembélé, auteur de 3 buts en 28 sélections nationales selon les statistiques publiques, reste derrière les profils plus axiaux en volume total, mais son impact récent et sa capacité à se retrouver dans la surface rendent son installation ponctuelle dans l’axe logique.
En coulisses, le joueur lui‑même martèle que “nous avons une mission” aux États‑Unis, ce qui renforce l’idée que Deschamps est prêt à tenter de nouveaux schémas autour de son Ballon d’Or afin de profiter de son explosivité dans la profondeur. Tester Dembélé en pointe ne serait donc pas une révolution, mais une évolution tactique cohérente avec son rôle au PSG, une option de secours voire d’oxygène pour débloquer des matchs fermés, plutôt qu’une refonte complète du système bleu.

