L’ancien entraîneur du FC Nantes, Jocelyn Gourvennec, a entamé une procédure judiciaire contre le club en réclamant de lourdes indemnités après son éviction survenue en mars 2024, moins de cinq mois après sa prise de poste.
Ayant dirigé les Canaris pendant une période marquée par de mauvais résultats – quatre victoires, un nul et dix défaites en quinze matches –, Gourvennec a été licencié pour faute grave, une décision qu’il conteste devant le conseil de prud’hommes de Nantes. Trois de ses adjoints ont engagé des démarches similaires, revendiquant eux aussi des réparations financières pour leur départ jugé abusif.
Les montants réclamés sont jugés extrêmement élevés dans le secteur du sport professionnel : Gourvennec demanderait près de deux millions d’euros au FC Nantes, tandis que la somme totale réclamée par les quatre hommes pourrait atteindre plusieurs millions d’euros. Cette demande s’explique notamment par le niveau de rémunération d’un entraîneur de Ligue 1, autour de 150 000 euros par mois en 2024, ce qui entraîne des indemnités conséquentes en cas de licenciement jugé injustifié.
Du côté du club, la direction reste ferme sur la justification du licenciement, avançant des raisons de performances sportives insuffisantes. L’avocat du FC Nantes estime que la faute grave était « la seule option » pour mettre fin au contrat à durée déterminée d’un entraîneur censé amener des résultats, dans un contexte où la relégation menaçait et où les conséquences économiques pouvaient être très lourdes. Cette position tranche avec celle de Gourvennec et de ses adjoints, qui contestent le bien-fondé de la décision et soulignent le caractère abrupt de leur départ.
L’affaire, désormais entre les mains de la justice prud’homale, pourrait durer plusieurs mois et s’inscrit dans un contexte tendu pour le FC Nantes, club déjà condamné par le passé pour des licenciements jugés abusifs. En décembre 2024, le club avait été sommé de verser 730 000 euros à son ancien entraîneur Pierre Aristouy, rappelant à quel point l’instabilité chronique du banc nantais continue de susciter des remous aussi bien sportifs que judiciaires.

