De Zerbi, l’ombre d’un doute

Humilié par le PSG et lâché en coulisses, Roberto De Zerbi traverse sa première vraie tempête à Marseille. Le technicien italien, adulé il y a encore deux mois, voit son vestiaire se fissurer jour après jour.

Il y a dix jours, la défaite de Bruges passait encore pour un accident. Aujourd’hui, c’est une alerte rouge. Ce 0-5 encaissé face au PSG a laissé des traces bien au-delà du score. Dans les couloirs de la Commanderie, certains joueurs ne cachent plus leur lassitude face à un coach jugé “trop intransigeant”, trop sûr de son système, parfois déconnecté. Le 4-2-3-1 efficace contre Rennes ? Abandonné. Greenwood, repositionné à gauche face à Paris ? Incompréhensible pour plusieurs cadres. On parle aussi de “non-sens” tactiques, d’exigences toujours plus floues. Et derrière tout ça, une impression de stagnation à l’entraînement qui commence à peser lourd.

Une confiance qui se fissure de l’intérieur

Ce n’est plus seulement une question de schéma, c’est une histoire d’humains. Geronimo Rulli, sanctionné publiquement, alors que d’autres ont été épargnés. Pavard et Aubameyang, deux références du groupe, que De Zerbi aurait maladroitement bousculés. “Il a voulu secouer les hiérarchies”, souffle un proche du vestiaire, “mais il s’est peut-être isolé sans le vouloir.” L’ambiance s’est épaissie depuis le départ d’Amir Murillo, pointé du doigt par le coach avant de filer sous d’autres cieux. Et pourtant, les dirigeants hésitent encore : trop tôt pour sabrer la confiance, trop risqué de tout casser avant Strasbourg.

Ce samedi, le Vélodrome servira de baromètre. Le public marseillais sent la désunion, la colère monte doucement, en sourdine. De Zerbi n’a plus droit à l’erreur — même s’il le répète : ce genre de crise, “tous les grands clubs en connaissent”. Sauf qu’à Marseille, la patience n’a jamais été une vertu stable.