Buteur salvateur face au Celta Vigo, Endrick n’a pas échappé aux critiques. Si le jeune attaquant brésilien a permis à l’OL d’arracher un nul précieux en Ligue Europa, son jeu jugé trop personnel commence à irriter Daniel Riolo, qui le trouve “épuisant” à regarder.
À seulement 19 ans, Endrick a déjà tout d’un phénomène. Et pourtant, son éclat agace. Jeudi soir, sur la pelouse du Celta Vigo, l’ancien prodige de Palmeiras a mis fin à cinq matchs de disette en inscrivant le but de l’égalisation (1-1) en toute fin de rencontre. Un soulagement pour Lyon, en difficulté ces dernières semaines, mais aussi une prestation qui a relancé le débat autour de son attitude sur le terrain. Car derrière le talent indéniable du jeune Brésilien se cache un individualisme que certains observateurs, à commencer par Daniel Riolo, ne supportent plus.
Riolo sans filtre : « Il me fatigue vraiment »
Sur les ondes de RMC, le célèbre éditorialiste n’y est pas allé par quatre chemins pour exprimer son ras-le-bol. « Endrick me casse la tête, il me fatigue, et je ne pensais pas qu’il me fatiguerait aussi vite », a-t-il lancé, visiblement excédé par le style du joueur. « Dans une période où Lyon accumule les matchs et où le groupe est déjà épuisé, tu as des joueurs qui continuent à vouloir tout faire tout seuls, et ça devient dangereux. »
Pour Riolo, ce n’est pas tant une question de talent que de lucidité collective. Endrick, selon lui, peine encore à comprendre les temps du jeu, préférant souvent tenter l’exploit solo plutôt que la passe juste. « Tu as l’impression que ça lui coûte de donner un ballon », a-t-il insisté, citant une action symbolique : un centre tardif pour Yaremchuk, où “on sentait presque qu’il n’avait pas envie de faire la passe”.
Des propos sévères mais pas entièrement injustes. Car si Endrick a arraché un point important pour l’OL, il a longtemps multiplié les choix hasardeux et les frappes précipitées, confirmant cette impression d’un joueur parfois déconnecté du collectif.
Le sauveur qui divise
Et pourtant, les chiffres parlent pour lui : 11 matchs, 6 buts toutes compétitions confondues, et un impact immédiat dans la Ligue 1 depuis son arrivée. Endrick incarne cette jeunesse impétueuse, parfois agaçante mais souvent décisive. Son but contre Vigo, une frappe rageuse dans les dernières minutes, prouve qu’il peut être l’homme des grands moments.
Mais cette fougue pourrait bien se retourner contre lui. Dans un Lyon en pleine reconstruction, Fabio Grosso (ou le coach actuel selon le contexte) a besoin d’un attaquant capable de s’intégrer pleinement dans le jeu collectif. Trop d’individualisme risque tôt ou tard de creuser un fossé entre le Brésilien et ses coéquipiers, déjà usés par la densité du calendrier.
L’histoire d’Endrick à Lyon ne fait que commencer, mais elle s’écrit déjà dans la tension. Entre le génie précoce et l’égo exigeant, entre la promesse d’un crack et le risque d’un feu follet, le plus jeune des cadres offensifs lyonnais a encore tout à prouver. Et si Riolo s’agace, c’est peut-être aussi parce qu’Endrick laisse entrevoir ce qu’il pourrait devenir… s’il apprend à jouer simplement.

