Pendant plusieurs semaines, le silence de Cristiano Ronaldo avait alimenté les rumeurs et les spéculations autour d’un malaise grandissant à Al-Nassr.
Mécontent des différences de traitement entre les clubs saoudiens détenus par le Fonds d’investissement public (PIF), le Portugais avait, selon plusieurs sources locales, refusé de s’entraîner pour marquer son désaccord. Mais à 41 ans, la star semble avoir tourné la page et veut désormais concentrer toute son énergie sur le terrain.
« Je suis très heureux. Comme je le dis souvent, j’appartiens à l’Arabie saoudite », a-t-il confié à la chaîne Thmanyah après la large victoire d’Al-Nassr contre Al-Hazm (4-0). « C’est un pays qui m’a très bien accueilli, ainsi que ma famille et mes amis. Je suis heureux ici et je souhaite y rester. » Des propos lourds de sens, prononcés avec le ton de la réconciliation plus que celui de la revanche.
Une crise révélatrice de tensions internes
L’épisode de la “grève” illustre les déséquilibres apparus depuis que le PIF a pris le contrôle de quatre des principales formations du royaume — Al-Nassr, Al-Hilal, Al-Ittihad et Al-Ahli. Si cette concentration de puissance financière a propulsé la Saudi Pro League sur le devant de la scène mondiale, elle a aussi créé une concurrence interne parfois mal vécue. Cet hiver, plusieurs observateurs ont noté les différences flagrantes de moyens mobilisés selon les clubs, Al-Hilal semblant bénéficier d’un soutien étatique plus fort.
Cristiano Ronaldo, pionnier du projet saoudien depuis son arrivée fin 2022, a mal supporté ce sentiment d’injustice. Lui qui a ouvert la voie à la vague de stars venues d’Europe (Benzema, Neymar, Kanté, Brozović, etc.) s’estimait lésé dans la stratégie du PIF, voyant Al-Nassr moins soutenu sur le marché des transferts. Sa réaction, bien que brève, a rappelé le poids symbolique qu’il conserve dans le football mondial — un joueur encore capable de faire vaciller l’équilibre d’un projet étatique.
Le symbole d’un engagement durable
En apaisant les tensions, Ronaldo renvoie désormais l’image d’un ambassadeur pleinement investi dans la réussite du championnat saoudien. Depuis son arrivée, son influence dépasse le cadre sportif : explosion des abonnements, exposition médiatique internationale, essor du merchandising et des droits de diffusion. À 41 ans, il affiche encore une forme impressionnante, et ses performances — 22 buts depuis le début de la saison — confortent Al-Nassr dans son rôle d’alternative crédible à un Al-Hilal ultra-dominant.
Son contrat court jusqu’en juin 2027, signe d’un engagement qui dépasse la simple opportunité financière. En coulisses, le Portugais multiplie les initiatives pour professionnaliser la structure d’Al-Nassr, de la préparation physique à la communication du club. « Ronaldo n’est pas seulement un joueur ici, il est un modèle », résume un proche du vestiaire.
Preuve que, malgré la tempête, le capitaine portugais a retrouvé son calme et son ambition. Et que l’histoire entre Cristiano Ronaldo et le football saoudien, loin de s’essouffler, continue d’écrire ses plus étonants chapitres.
