Alors que la défaite face à Toulouse en Coupe de France (2-2, 3-4 tab) a mis le feu aux poudres, la fracture entre l’Olympique de Marseille et son peuple semble plus profonde que jamais.
Excédée par ce qu’elle considère comme quinze années d’abandon, la Vieille Garde 1984, l’un des groupes historiques du Virage Sud, a publié un communiqué au ton brûlant, véritable cri d’alarme adressé à la direction du club.
“Depuis 2010, aucun titre majeur”, lance le groupe, qui dénonce “quinze ans de promesses trahies, de désillusions et d’humiliations”. Entre dirigeants éphémères, projets sans lendemain et entraîneurs qui se succèdent sans cohérence, les supporters voient l’OM s’éloigner de son identité et de ses ambitions. Pour eux, l’élimination à Toulouse n’est pas qu’une défaite de plus, mais le symbole d’un mal enraciné : l’absence de cap.
Une colère identitaire plus qu’une simple déception sportive
Au-delà du résultat, c’est l’essence même du club que la Vieille Garde estime menacée. “L’OM n’est pas un simple club, c’est une fierté populaire, une identité, une histoire”, assène le communiqué, accusant les dirigeants actuels d’avoir oublié ce que représente Marseille. Dans ce texte aux accents presque militants, le groupe s’interroge : “À qui profite ce chaos permanent ?” Une manière à peine voilée de pointer du doigt ceux qu’il juge responsables de la dérive du projet.
Pour la Vieille Garde, l’inquiétude dépasse la question des résultats. Elle touche à ce qui fonde le lien unique entre la cité phocéenne et son équipe : la passion, l’exigence, la fidélité. “Des centaines de millions ont été engloutis, des dizaines de joueurs sont passés, et toujours le même vide”, déplore le groupe, dénonçant un club “sans stabilité, sans vision, sans exigence”.
Le message est clair : les supporters réclament un changement profond, pas une énième promesse. “Nous voulons un projet clair, une direction compétente, des décisions prises dans l’intérêt du club”, exige-t-il, avant d’avertir : “La patience des Marseillais n’est pas infinie.”
Ces mots résonnent dans un contexte explosif. L’OM, empêtré dans la confusion sportive et les tensions internes, avance sans repère durable. Pendant ce temps, la base populaire, pilier de l’institution, se sent trahie et mise à l’écart. À travers ce communiqué, la Vieille Garde ne cherche pas seulement à exprimer sa colère : elle tente de raviver la flamme d’un club qui, à ses yeux, s’est perdu en route.
Et le message final laisse peu de place à l’ambiguïté : “L’OM appartient à son peuple. Et un peuple qu’on méprise finit toujours par se faire entendre.” Un avertissement lourd de sens, qui rappelle que, dans la vie tumultueuse de Marseille, les tempêtes naissent toujours au cœur des tribunes.

