De 200.000 spectateurs dans les années 1950 à 78.000 spectateurs aujourd’hui, le Maracana a connu plusieurs vies. L’équipe de France découvrira contre l’Equateur un stade transformé loin du mythe.

Il était le plus grand stade du monde. Une enceinte où se mélangeaient toutes les classes sociales. Les images en noir et blanc ont fait la légende du Maracana de Rio. C’est dans cette enceinte que le roi Pelé a marqué son 1000e but. Ma vie a commencé dans ce stade. C’est là que j’ai marqué mon premier but en sélection, contre l’Argentine. Je devais avoir 15 ou 16 ans. C’est là aussi que j’ai mis le millième goal de ma carrière. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu les jambes qui tremblaient, raconte Pelé dans son autobiographie. Le 16 juillet 1950, le Maracana était bondé comme jamais avec 200.000 spectateurs (pour une capacité théorique à l’époque de 180.000 environ). Tous les spectateurs attendaient le premier sacre du Brésil en Coupe du monde. Mais alors qu’un match nul suffisait aux Brésiliens, l’Uruguay l’a fait trébucher pour emporter sa seconde Coupe du monde sur un but de Ghiggia. Au Brésil, la peine maximale pour les criminels est de 30 ans, moi, j’en ai pris pour 50, dira Moacir Barbosa, le gardien de la Seleçao, coupable d’avoir laissé passer sous son ventre le ballon maudit et désigné à la vindicte populaire, comme le défenseur Bigode.

Le Maracana ? Bof, on dirait Loujniki

Stade du Brésil avant d’être celui de Rio, le Maracana, de son vrai nom Mario Filho en hommage au journaliste brésilien à l’origine de son édification, a bien changé. L’équipe de France n’a plus joué au Maracan depuis le 30 juin 1977. Les vestiaires étaient enterrés, au sous-sol, il y faisait frais et lorsqu’on débouchait à l’air libre, c’était étouffant, raconte Marius Trésor, dernier buteur français sur la mythique pelouse lors d’un match nul arraché par les Bleus (2-2). Les joueurs de Didier Deschammps vont découvrir un autre stade. Un stade modernisé avec 78.000 places assises. Une sorte de copie du Stade de France avec ses tribunes qui éloignent les spectateurs de la pelouse. On est loin du Colisée que décrivait Jules Rimet, le père de la Coupe du monde. Il a perdu son âme, critique Romario en disant tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Je le trouve très beau, très agréable, son aura reste la même, qu’il soit vieux ou tout neuf. C’est le Maracana de toujours, juge au contraire Zico lors d’une invitation de la FIFA pour les 60 ans du lieu. Ceux qui le découvrent peuvent manquer de respect à son égard. Le Maracana ? Bof, on dirait Loujniki (le stade de Moscou), a osé le capitaine russe Vasily Berezoutski.