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Comment l’Atlético de Madrid est devenu une machine à marquer

Antoine Griezmann (Atletico de Madrid) - Photo by Icon Sport

Un 0-5 face au Betis et un 4-0 contre le Barça : 180 minutes à graver dans les annales. Mortel et direct, cet Atlético qui hésite en Liga et est largué hors du top 8 en Ligue des champions, mais qui s’envole en Coupe du Roi comme il ne l’avait plus fait depuis longtemps.​

Ce 9-0 légendaire place les hommes de Simeone à un pas de la grande finale à Séville, un objectif barré en rouge à condition de résister à l’assaut barcelonais le 3 mars au Camp Nou. Il faudra patienter des semaines pour fêter cela, mais en attendant, l’équipe a offert deux exhibitions portées par un ensemble de facteurs méritant décryptage.

Communion totale : énergie à flots

« Énergie », a répété Simeone à l’envi. Celle injectée par un Metropolitano en ébullition dès l’arrivée du bus, 90 minutes avant le coup d’envoi. Contrairement aux habitudes, le trajet par Arcentales s’est fait au ralenti, comme pour s’imprégner de la ferveur des supporters rojiblancos avant cette finale avant l’heure. Le résultat a validé cette approche : l’énergie des tribunes s’est muée en domination sur le terrain, scellant une union parfaite.

Les vétérans au pouvoir : Griezmann et Koke

Personne mieux qu’eux pour incarner le lien avec les supporters. Avec Oblak et Giménez sur le banc, Griezmann et Koke, habitués du Calderón, ont été déterminants, loués par El Cholo qui n’a jamais caché son admiration pour le 6 et le 7. Le capitaine a dévoré Casadó et ses coéquipiers ballon au pied, tandis que le Français a sorti sa baguette magique pour marquer, assister et voler la vedette à des prodiges comme Lamine Yamal. À 34 ans, le Petit Prince règne toujours.​

Avec Musso, un vrai remplaçant

Au-delà de l’attaque flamboyante, braquons les projecteurs sur la défense. Juan Musso a réaffirmé son statut de gardien suppléant fiable, gardant ses cages inviolées (trois clean sheets consécutives en Coupe, dont celle à Riazor) et brillant même du pied. Oblak demeure intouchable, mais l’Argentin s’est octroyé une place en Coupe qui pourrait bien lui appartenir jusqu’au bout.

Lookman, la révolution de janvier

L’irruption d’Ademola Lookman résonne comme un coup de tonnerre, à l’image de son impact sur le pré. Butteur face au Betis comme contre le Barça, il a été un cauchemar constant pour les défenses. Recrue de janvier issue de l’Atalanta, il symbolise un mercato tardif mais gagnant, avec un impact rarissime pour un nouveau venu sous Simeone.

Et Julián brise enfin la glace

Et Julián Álvarez. Plus de deux mois après son dernier but, il a renoué avec le succès, célébré par des étreintes collectives à la mi-temps. Réactiver l’Araña sera crucial pour la fin de saison : il reste la bannière de l’équipe, et la fin de son blocage promet des dividendes majeurs.​

Molina, le champion du monde de retour

Son compatriote Nahuel Molina s’est lui aussi réinventé dans le match le plus exigeant. Quasi enterré, il a livré un récital défensif et offensif face au Barça, peut-être son meilleur sous le maillot rojiblanco. Ce retour offre des options tactiques et rappelle le champion du monde trop souvent oublié.

Les poumons de Llorente pour effacer Barrios

Parmi elles, repositionner Marcos Llorente au milieu. Le 14 a étalé son abattage partout sur le terrain, reprenant sa place naturelle pour faire oublier Barrios. Ses jambes ont accéléré les transitions et les récupérations, boostant la vitesse collective.

Un onze avec quatre attaquants !

Giuliano, Julián et Lookman en ligne de trois, Griezmann en retrait. Quatre avants-propres pour balayer l’image défensive que Simeone a reléguée aux oubliettes depuis longtemps. L’Atleti est sorti pour écraser, et son pari offensif dès la première minute a porté ses fruits à la perfection.

Flick, dernière victime de Simeone

Enfin, le récital tactique. Simeone a ligoté un Flick souvent supérieur mais cette fois dompté par son tableau noir. Au-delà des quatre buts encaissés, il a neutralisé l’attaque barcelonaise, ajoutant l’Allemand à la liste des grands coaches plies face à cet Atleti : Mou, Pep, Xavi, Luis Enrique ou Klopp ont désormais un nouveau compagnon après ce 9-0 légendaire.​

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