Sport.fr

Claude Le Roy dénonce « les magouilles de la CAF »

Claude Le Roy (Photo by Alain Bourdaux/Icon Sport)

La décision de la CAF d’attribuer la CAN 2025 au Maroc sans que la finale n’aille à son terme déclenche un véritable séisme dans le monde du football africain. Figure respectée du continent, Claude Le Roy n’a pas mâché ses mots après ce verdict, qu’il juge injuste et préjudiciable pour l’image de la compétition.

La Confédération africaine de football (CAF) a tranché : le Maroc est officiellement champion d’Afrique 2025. Une décision prise après le forfait du Sénégal, coupable d’avoir quitté la pelouse de la finale disputée le 18 janvier à Rabat à quelques minutes de la fin, pour protester contre l’arbitrage. Mais cette conclusion, unique dans l’histoire du tournoi, laisse un goût amer à de nombreux observateurs, au premier rang desquels un certain Claude Le Roy, légende parmi les sélectionneurs africains.

« Le Maroc peut tout se permettre »

Interrogé sur La chaîne L’Équipe, l’ancien coach du Sénégal, du Cameroun et de la RD Congo n’a pas caché sa colère. « Je pense qu’il y a eu plein de magouilles pour décider que le Maroc est champion : c’est pitoyable pour l’image que donne la CAF », a-t-il lancé, visiblement indigné. Pour Le Roy, le verdict va bien au-delà d’un simple désaccord sportif : il incarne selon lui une dérive inquiétante dans la gouvernance du football africain. « On a l’impression que le Maroc peut tout se permettre. Le Maroc est allé chercher cette victoire sur tapis vert : ce n’est que le début de l’affaire », a-t-il poursuivi, laissant entendre que des suites pourraient survenir.

Ces propos font écho à la frustration d’une partie du monde du football africain, où certains dénoncent une proximité jugée excessive entre les instances de la CAF et la Fédération royale marocaine. L’ombre d’un traitement de faveur plane, alimentée par plusieurs décisions récentes et le poids croissant du royaume dans la politique sportive africaine.

Un sacre qui divise le continent

Ce sacre sur tapis vert, inédit à ce niveau de la compétition, soulève une véritable tempête médiatique. Si les supporters marocains célèbrent un titre historique, beaucoup estiment que cette victoire manquera à jamais de légitimité. Les réseaux sociaux se sont embrasés, entre accusations de favoritisme et appels à réforme.
Certains anciens joueurs et dirigeants plaident déjà pour une refonte du règlement de la CAF afin d’éviter que de telles situations ne ternissent à nouveau la plus prestigieuse compétition du continent. D’autres rappellent qu’un championnat ne se gagne pas dans les bureaux, mais sur le terrain.

Claude Le Roy, fidèle à sa réputation de franc-parler, conclut son cri d’alarme par un avertissement : « Si la CAF ne protège plus l’équité sportive, c’est l’avenir même de la CAN qui est en danger. » Une déclaration qui résonne comme un dernier coup de sifflet d’alerte pour une institution déjà sous pression.

Quitter la version mobile