Chelsea : monumental manque d’autocritique chez Rosenior qui reste persuadé d’avoir fait le bon choix de gardien

Pour son grand test européen, Liam Rosenior a fait un choix fort. En titularisant Filip Jørgensen à la place de Robert Sánchez face au PSG, le manager de Chelsea a surpris – et divisé. Malgré la défaite (2-5), il refuse tout regret : pour lui, le Danois représentait le profil idéal pour affronter le pressing parisien.

Chelsea n’a pas seulement perdu un match, mercredi soir au Parc des Princes. Le club londonien a surtout livré un aperçu des dilemmes tactiques qui accompagnent une équipe encore en reconstruction. Dans un 8e de finale aller où les Blues espéraient tenir tête à un PSG plus aguerri, Liam Rosenior a tranché dans le vif : exit Robert Sánchez, place à Filip Jørgensen, 21 ans, arrivé l’été dernier en provenance de Villarreal.
Un choix qui a fait sourciller jusque dans le vestiaire, mais que le coach assume pleinement. « Nos deux gardiens ont des qualités différentes », a-t-il expliqué en conférence de presse. « Je cherche à prendre les meilleures décisions pour le court terme. Filip a cette sérénité dans les moments chauds, notamment face aux équipes qui pressent haut comme Paris. »

Un pari logique ou une prise de risque ?

Si Rosenior parle d’optimisation tactique, beaucoup y ont vu une expérimentation hasardeuse. Le Danois n’a pas démérité, mais il a semblé manquer de repères sur plusieurs séquences sous pression. Sa relance, censée casser le pressing parisien, a même conduit à une perte de balle sur le deuxième but. Pourtant, le coach anglais reste fidèle à sa ligne : développer un jeu de possession ambitieux, quitte à y laisser quelques plumes.
Ce discours tranche avec la tradition pragmatique de Chelsea, longtemps bâtie sur des gardiens « gardiens » avant tout : Cech, Courtois, Mendy… Des portiers qui rassuraient, avant d’innover. En installant Jørgensen, Rosenior revendique une nouvelle ère, celle du gardien-participant, pensé comme un joueur de champ à part entière.

Dans un effectif jeune et encore fragile, la hiérarchie dans les buts illustre aussi la philosophie du technicien : miser sur l’audace et la maîtrise du ballon plutôt que sur la seule expérience. Un message fort à court terme, mais risqué à long terme, dans un club où la patience n’est pas une vertu.

À Londres, les débats vont encore s’intensifier avant le retour à Stamford Bridge. Doit-on reconduire Jørgensen malgré le score lourd, ou restaurer la confiance de Sánchez pour espérer un exploit ? Rosenior, de son côté, semble avoir déjà choisi sa voie : celle du jeu au sol, du courage et de la responsabilité. « On n’est pas dans une position confortable, mais on apprend », a-t-il lâché, lucide.

La défaite face au PSG laissera des traces, mais elle pourrait aussi être le point de départ d’une cohérence nouvelle. En assumant ses décisions, même impopulaires, le manager anglais impose une idée : à Chelsea, le vrai renouveau passera par la constance de ses convictions, pas seulement par le talent de ses joueurs.