Chelsea : Liam Rosenior avait vite été lâché par son vestiaire

Moins de quatre mois. C’est le temps qu’il aura fallu à Chelsea pour se convaincre que Liam Rosenior n’était pas l’homme de la situation.

Limogé cette semaine, le technicien anglais de 41 ans laisse derrière lui un bilan comptable sévère — dix défaites en 23 rencontres — mais surtout un vestiaire qu’il n’a jamais réussi à fédérer autour de lui.

Un recrutement qui semblait logique

Lorsque Chelsea avait écarté Enzo Maresca en janvier, le choix de Rosenior paraissait cohérent. Son passage à Strasbourg, couronné par une qualification européenne surprise, avait dessiné le portrait d’un entraîneur moderne, ambitieux, attaché à un football offensif et structuré. Les Blues pensaient tenir une pépite méconnue du football anglais. La réalité londonienne en a rapidement décidé autrement.

Le vestiaire lui a tourné le dos

Le naufrage ne s’est pas construit en un soir. Il s’est installé, semaine après semaine, dans les silences des réunions de groupe, dans les fuites organisées avant les grands matchs — notamment les deux confrontations désastreuses face au Paris Saint-Germain en Ligue des Champions, soldées par un humiliant 8-2 cumulé — et dans les couloirs de Cobham où le technicien avait hérité d’un surnom peu glorieux : le prof remplaçant.

Selon la BBC, les cadres hispanophones du vestiaire, à commencer par Marc Cucurella et Enzo Fernández, n’ont jamais vraiment adhéré à sa méthode, jugeant son manque d’expérience en Premier League rédhibitoire. Rosenior bénéficiait d’une meilleure écoute auprès des joueurs anglais, mais les absences prolongées de Cole Palmer, Reece James et Trevoh Chalobah l’ont privé de ses relais naturels au sein du groupe.

Des choix tactiques qui ont achevé sa crédibilité

Sur le terrain, plusieurs décisions ont alimenté les critiques. Son approche offensive débridée face au PSG s’est retournée contre lui avec une brutalité rare. Plus symptomatique encore : le choix d’aligner le jeune défenseur central Mamadou Sarr au poste d’arrière droit lors du match retour contre les Parisiens, une expérimentation hasardeuse sanctionnée dès les premières minutes par une erreur offrant un but facile à Khvicha Kvaratskhelia.

Le coup de grâce est venu mardi soir, à Brighton. Après un cinquième revers consécutif en championnat sur le score de 3-0, Rosenior avait pour la première fois pointé du doigt l’attitude de ses joueurs publiquement : « Il faut que quelque chose change drastiquement. Les joueurs doivent se regarder dans le miroir. » Moins de vingt-quatre heures plus tard, c’est lui que Chelsea regardait s’éloigner.

Qui pour reconstruire Stamford Bridge ?

Le club londonien se retrouve désormais face à une équation complexe : dénicher un successeur capable de remporter des titres tout en imposant son autorité à un effectif réputé ingérable. Andoni Iraola, Xabi Alonso, Edin Terzic, Marco Silva ou encore Cesc Fabregas figurent parmi les pistes évoquées. Reste une interrogation centrale : ces profils ambitieux seront-ils séduits par un club dont l’instabilité chronique est devenue, ces dernières années, la marque de fabrique la plus reconnaissable.