Coach des Verts jusqu’en décembre 2024, Olivier Dall’Oglio estime que deux mensonges ont coulé le club.
L’ancien entraîneur de l’AS Saint-Étienne, Olivier Dall’Oglio, est enfin sorti du silence. Dans une interview sans détour, le technicien, limogé en décembre 2024 après la relégation des Verts, a livré une analyse cinglante du projet Kilmer Sports Ventures. Selon lui, deux mensonges majeurs ont précipité la chute du club : des promesses irréalistes faites aux jeunes talents et un mercato estival totalement inadapté. « L’ASSE ne doit jamais descendre », a-t-il lâché, tout en assumant sa part de responsabilité dans l’échec collectif.
Le premier mensonge concerne la gestion des jeunes du centre de formation, notamment Djylian N’Guessan et Mathis Amougou. Pour retenir leurs pépites, les dirigeants stéphanois auraient promis monts et merveilles, quitte à tromper leurs propres joueurs. « Pour le conserver, on lui a promis la Ligue 1 », a révélé Dall’Oglio au sujet de N’Guessan. « À 16 ans, il n’était pas prêt pour l’élite, mais la direction a préféré mentir pour éviter un départ à l’étranger ». Le technicien enchaîne sur Amougou : « Lui avait l’ambition de jouer en Ligue 1 à 17 ans, mais je lui disais qu’il fallait me montrer qu’il pouvait. Résultat, on a créé des attentes irréalistes et ajouté de la pression dans un groupe déjà fragile ». Une politique jugée irresponsable, qui aurait contribué à déséquilibrer un vestiaire en manque de repères.
Un mercato incohérent
Le second mensonge, selon Dall’Oglio, réside dans le mercato d’été 2024, mal préparé et fondé sur des paris hasardeux. « Ce qui peut être surprenant quand on est dirigeant d’un certain niveau, c’est de penser qu’un garçon qui arrive de Nouvelle-Zélande (Ben Old) ou d’Autriche (Augustine Boakye), très jeune, va être immédiatement performant », a-t-il dénoncé. L’entraîneur avait réclamé « un ou deux joueurs d’expérience pour encadrer les jeunes », mais s’est heurté à un refus catégorique de la direction. « Il fallait être patient avec une urgence de résultat, c’était incompatible », regrette-t-il.
Dall’Oglio affirme avoir pourtant alerté Ivan Gazidis, patron de Kilmer Sports Ventures, dès l’été 2024 : « J’ai longuement parlé du recrutement avec Ivan, je lui avais dit qu’il manquait des cadres. Je voulais faire venir Sergi Cardona, mais ce n’était pas dans leur plan. Et ils l’ont recruté juste après mon départ… » Une ironie amère pour celui qui se décrit comme un lanceur d’alerte ignoré. Face à la communication triomphante de Kilmer, Dall’Oglio conclut avec un sarcasme douloureux : « Ils disent maintenant que c’est le vrai projet qui se met en place ? Ah bon… J’avais compris que c’était avant, moi. »
💬 « On me demandait du jeu vers l’avant, mais si je dois modifier mes idées pour sauver l’ASSE, je le fais. »
— TRIBUNE STÉPHANOISE (@TRIBUNESTE42100) October 3, 2025
Olivier Dall’Oglio reconnaît avoir parfois dû mettre de côté ses convictions offensives pour sauver le club.
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