La note est mauvaise. Aligné vendredi soir au Bernabéu dans le cadre de la 31e journée de Liga face à Gérone (1-1), Eduardo Camavinga avait une mission claire : convaincre son entraîneur Alvaro Arbeloa qu’il peut tenir le rôle de sentinelle lors du quart de finale retour de Ligue des Champions face au Bayern Munich, mercredi à l’Allianz Arena. Le verdict est sans appel — l’international français n’a pas réussi son examen.
Tchouaméni suspendu, Camavinga en première ligne
Tout s’est joué mardi, lors du match aller remporté par le Real Madrid (2-1). Ce soir-là, Michael Olise a régalé le public madrilène d’un récital offensif, provoquant au passage le carton jaune d’Aurélien Tchouaméni. Un avertissement lourd de conséquences : le milieu défensif tricolore est suspendu pour le déplacement en Allemagne. Dans un effectif madrilène aux options limitées au cœur du jeu, Camavinga s’impose comme le remplaçant naturel. Federico Valverde est attendu sur le flanc droit, et ni Arda Güler ni le jeune Thiago Pitarch ne possèdent le profil d’un numéro 6 capable de protéger la défense face aux attaquants du Bayern.
Un test raté, une prestation sifflée
Arbeloa avait présenté ce choix avec conviction. « Je voulais voir Eduardo à ce poste. Il y a déjà joué contre Villarreal, il se sent à l’aise en tant que numéro 6, c’est là qu’il est le plus performant », avait justifié le technicien espagnol, en expliquant également la mise au repos de Tchouaméni. Mais sur le terrain, Camavinga n’a pas été à la hauteur des attentes. Déjà pointé du doigt après l’ouverture du score concédée face à Majorque (défaite 1-2) le week-end précédent, l’ancien Rennais a de nouveau tardé à monter au pressing sur Thomas Lemar, auteur du but girondin à l’entrée de la surface. Remplacé à la 79e minute sous les sifflets du public du Bernabéu, le milieu de 22 ans a reçu un accueil glacial de la presse locale. Le quotidien AS titre sans détour : « Camavinga provoque le désordre à ses côtés. »
Arbeloa conscient du problème
L’entraîneur madrilène n’a pas cherché à masquer les lacunes observées. « Il a toujours été très mobile, mais à ce poste, il devrait peut-être se positionner différemment », a-t-il concédé en conférence de presse. Un aveu qui en dit long sur les inquiétudes qui règnent dans le vestiaire merengue avant ce choc retour. Car l’enjeu dépasse la seule qualification en demi-finale de Ligue des Champions.
Une Coupe du monde 2026 en ligne de mire
Pour Camavinga, la pression est double. Des rumeurs persistantes évoquent l’agacement de la direction madrilène face à ses performances en dents de scie, et des départs sont évoqués en coulisses. Sur le plan international, sa place dans le groupe de Didier Deschamps pour la Coupe du monde 2026, qui se disputera cet été aux États-Unis, au Canada et au Mexique, est loin d’être assurée. Mercredi à Munich, sous les projecteurs de l’Europe entière, Eduardo Camavinga n’aura tout simplement pas le droit à l’erreur.
