Budapest, 30 mai : pendant que l’OM s’effondre, ses anciens joueurs jouent la finale de la Ligue des Champions

Il y a une ironie cruelle dans le football. Le 30 mai prochain, à Budapest, le PSG et Arsenal s’affronteront pour le titre suprême de la Ligue des Champions. Dans les deux camps, on trouvera des joueurs qui ont porté le maillot blanc et bleu de l’Olympique de Marseille. Pendant ce temps, le club phocéen, lui, traverse l’une de ses fins de saison les plus chaotiques depuis des années.

L’écart entre le présent de l’OM et le destin de ses anciens n’a jamais été aussi cruel.

Saliba, le symbole parfait

Il y a quatre ans, William Saliba débarquait en prêt au Vélodrome. Arsenal n’en voulait pas encore, du moins pas assez pour l’intégrer immédiatement. Marseille l’accueille, lui offre du temps de jeu, une scène, une confiance. Le défenseur de 20 ans y dispute 52 matchs, contribue à la qualification en Ligue des Champions et s’impose comme l’un des meilleurs défenseurs de Ligue 1.

Ce que l’OM a semé en 2021-2022, Arsenal en récolte depuis. Saliba est aujourd’hui l’un des meilleurs défenseurs centraux d’Europe. Irréprochable lors de la demi-finale contre l’Atlético Madrid — huit dégagements, 100% de duels remportés, une défense de roc —, il s’apprête à jouer sa première finale de Ligue des Champions à 25 ans. Si Arsenal s’impose à Budapest, Saliba deviendra champion d’Europe. Et l’OM pourra se demander, une fois de plus, ce qu’il aurait pu devenir s’il était resté.

Un phénomène qui dépasse Saliba

Mais Saliba n’est qu’un nom parmi d’autres. Cette saison encore, Ethan Nwaneri, jeune prodige d’Arsenal, a été prêté à Marseille. Il a côtoyé le Vélodrome, porté le maillot olympien, avant de rentrer à Londres retrouver les siens pour la course à la C1. Dans le même temps, plusieurs anciens du club phocéen gravitent autour des grandes affiches européennes de ce printemps — un réseau diffus d’ex-Marseillais disséminés aux quatre coins du continent, qui écrivent l’histoire que leur ancien club n’écrit plus.

Le paradoxe marseillais

À l’OM, la saison s’achève dans la confusion. Roberto De Zerbi a quitté le club en février. Habib Beye tente de gérer un vestiaire au bord de l’implosion. Les joueurs ont été enfermés à la Commanderie quatre jours après la défaite à Nantes, avant que la mise au vert ne soit interrompue pour des raisons légales. Mason Greenwood, meilleur buteur avec 25 buts, est en rupture totale avec le directeur sportif Medhi Benatia, lui-même partant cet été. Tout le monde s’en va. Personne ne semble savoir qui sera là en août.

Le club qui a formé, accueilli ou révélé tant de joueurs brillants est aujourd’hui incapable de retenir les siens, de stabiliser son projet, de construire dans la durée.

Le Vélodrome comme tremplin

C’est peut-être cela, la vraie leçon que dessine cette finale de Budapest. Marseille reste une ville qui fait grandir les joueurs. Le Vélodrome est une école de la pression, du regard, de l’exigence populaire. Saliba l’a appris là-bas. Il l’applique maintenant sur les plus grands terrains du monde.

Le 30 mai, quand il s’avancera sur la pelouse de la Puskás Aréna, une partie de lui aura traversé Marseille. L’OM ne sera pas à Budapest. Mais Budapest sera un peu marseillais.


PSG – Arsenal, finale de la Ligue des Champions UEFA, samedi 30 mai 2026, 18h, Budapest.