Accusé d’avoir proféré des insultes racistes envers Vinicius Junior, le jeune ailier argentin du Benfica, Gianluca Prestianni, se retrouve au centre d’un tourbillon médiatique et humain. Malgré la polémique et les menaces, il souhaite accompagner son équipe à Madrid pour défendre sa version des faits et son honneur.
À 20 ans à peine, Gianluca Prestianni vit la première grande crise de sa jeune carrière. Depuis le match aller de Ligue des Champions perdu par Benfica face au Real Madrid (0-1), le nom de l’ailier argentin s’affiche en une des journaux portugais et espagnols pour des raisons bien éloignées du football. L’ancien prodige de Vélez Sarsfield est accusé d’avoir tenu des propos racistes envers Vinicius Junior lors d’un accrochage en seconde période. Une accusation qu’il dément avec fermeté.
Entre démenti et isolement
Selon le quotidien Record, Prestianni assure que ses propos ont été mal interprétés, voire inventés. Pourtant, la polémique enfle. Les réseaux sociaux n’ont rien arrangé : le joueur a reçu des centaines de messages hostiles, certains allant jusqu’aux menaces de mort. Dans un contexte aussi explosif, Benfica a choisi la prudence, publiant un communiqué rappelant son engagement contre toute forme de racisme mais appelant également à « la présomption d’innocence » pour son joueur tant que l’enquête de l’UEFA n’est pas close.
Malgré la tempête, Prestianni ne veut pas se cacher. D’après les informations du Record, il a exprimé son envie claire de se rendre à Madrid pour le match retour de la semaine prochaine, si le staff dirigé par José Mourinho décide de le convoquer. Un geste fort, presque symbolique, dans un contexte où chaque parole et chaque geste seront scrutés.
Mourinho et Benfica dans l’embarras
Pour José Mourinho, le dilemme est délicat. Sportivement, l’entraîneur portugais apprécie la vivacité et la créativité du jeune Argentin, déjà apparu à 28 reprises cette saison (2 buts, toutes compétitions confondues). Mais sur le plan médiatique, l’ex-coach du Real Madrid sait qu’une titularisation de Prestianni à Santiago-Bernabéu pourrait embraser la soirée bien au-delà des lignes de touche.
Du côté du club lisboète, la décision finale dépendra aussi des discussions avec l’UEFA, qui examine le dossier en urgence. Si aucune sanction n’est prononcée avant le déplacement, Benfica pourrait inscrire le joueur dans le groupe, estimant qu’il a droit de défendre ses couleurs tant que sa culpabilité n’est pas établie.
Un test de caractère
Au-delà de la polémique, ce dossier révèle la fragilité d’une génération surexposée. Propulsé sous les projecteurs dès l’adolescence, Prestianni apprend à ses dépens la brutalité du haut niveau européen. Qu’il foule ou non la pelouse du Bernabéu, ce retour à Madrid s’annonce comme un test de caractère. Pour l’Argentin, il s’agit désormais autant de football que d’honneur.

