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Barça, Real Madrid, Leipzig : tout le monde s’arrache ce Marocain qui ne joue presque pas !

Neil El Aynaoui (Roma) - Photo by Icon Sport

Barça, Real Madrid, Leipzig… trois géants européens se disputent un milieu de 23 ans qui croupit sur le banc de l’AS Roma. L’histoire paradoxale d’un joueur trop grand pour sa situation, et peut-être sur le point de tout changer.

Il y a des destins qui n’attendent pas. Et puis il y a les histoires comme celle de Neil El Aynaoui : un talent brut, une valeur marchande qui grimpe, un continent entier à ses pieds… et un entraîneur qui ne l’aligne presque jamais. Le paradoxe serait presque comique s’il ne concernait pas la carrière d’un jeune homme de 23 ans qui, à l’heure où ses pairs s’installent dans l’élite, regarde défiler les matches depuis les tribunes du Stadio Olimpico.

Mais voilà que le mercato estival approche. Et avec lui, une certitude qui s’impose de plus en plus clairement dans les couloirs des plus grands clubs européens : El Aynaoui ne restera pas à Rome. La vraie question, désormais, n’est plus de savoir si il partira, mais qui le récupérera.


De Lens à Rome, l’ascenseur émotionnel

Pour comprendre où en est Neil El Aynaoui aujourd’hui, il faut remonter à l’été dernier. L’ancien milieu du RC Lens débarquait dans la capitale italienne avec le statut d’une recrue sérieuse, l’une de ces arrivées annoncées en grande pompe, présentée comme un renfort de premier plan pour l’AS Roma. La Serie A, l’un des cinq grands championnats européens, Gian Piero Gasperini aux commandes — tout semblait réuni pour que le Marocain franchisse enfin le palier supérieur.

La réalité a été toute autre. Saison après saison, ou plutôt semaine après semaine, El Aynaoui n’a obtenu que des apparitions sporadiques. Pas de place de titulaire, pas de continuité, pas de rôle défini dans le projet tactique du technicien italien. Un gâchis, sur le papier du moins, pour un joueur dont le profil — physique, technique, capable de peser dans les deux sens du jeu — semblait pourtant coller parfaitement aux exigences du football moderne.

Sauf que le football ne se joue pas sur le papier. Et El Aynaoui l’apprend à ses dépens.


La CAN comme révélateur

Si la Roma ne lui a pas offert de scène, le Maroc, lui, s’en est chargé. Lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, Neil El Aynaoui a brillé sous les couleurs des Lions de l’Atlas, s’imposant comme l’un des éléments les plus séduisants du tournoi. La scène continentale, les matchs à enjeu, la pression d’une compétition internationale : autant de contextes dans lesquels le milieu a su répondre présent quand son club, lui, ne lui en donnait pas l’occasion.

Ce grand écart entre les performances en sélection et l’anonymat en club a fini par attirer l’attention. Les cellules de recrutement des plus grandes formations européennes ont sorti leurs fiches. Et la mécanique d’un transfert d’envergure s’est mise en marche, presque naturellement, autour d’un joueur estimé à environ 20 millions d’euros — une valorisation jugée raisonnable, voire attractive, pour un profil de cette qualité.

Le marché avait trouvé sa prochaine affaire. Reste à savoir qui allait la conclure.


Le Barça en pole, le Real en embuscade

Selon des informations relayées par BeSoccer, citant le quotidien espagnol Diario SPORT, le FC Barcelone a développé un intérêt concret et croissant pour le milieu marocain. Au Camp Nou — ou plutôt à l’Estadi Olímpic Lluís Companys, en attendant le retour dans leur antre —, on cherche précisément ce qu’El Aynaoui représente : un milieu box-to-box capable d’apporter de la puissance physique sans sacrifier la qualité technique. Un joueur qui pourrait épauler Pedri, densifier le cœur du jeu, apporter cette verticalité qui manque parfois aux Catalans dans les matchs couperets.

Le contexte interne renforce encore cet intérêt. Marc Casado, le milieu maison issu de la Masia, envisagerait un départ faute de temps de jeu suffisant. Si la rumeur se concrétise, un spot se libère dans la rotation barcelonaise, et El Aynaoui coche précisément les cases du profil recherché. Coïncidence de calendrier ou synchronisation stratégique ? Dans le monde du mercato, ces choses-là n’arrivent jamais vraiment par hasard.

Mais Barcelone n’est pas seul sur ce dossier. Son grand rival, le Real Madrid, surveille lui aussi la situation de près. Le club de la capitale espagnole n’a pas encore formulé d’offre formelle, mais son intérêt est clairement établi. De quoi transformer ce qui aurait pu être un simple transfert en un mini-Clásico mercato, avec El Aynaoui comme enjeu central. Deux mastodontes ibériques, un seul joueur à convaincre : le scénario a tout du feuilleton qui s’annonce.


Leipzig frappe en premier

Et si le dénouement venait d’ailleurs ? Car il y a un troisième larron dans cette histoire, et il n’a pas attendu pour agir. RB Leipzig, le club allemand réputé pour son flair dans la détection et le développement de jeunes talents, a déjà fait un premier geste concret vers l’entourage d’El Aynaoui. Une approche initiale, une première offensive, sans que les montants précis ne soient dévoilés — mais suffisamment sérieuse pour être mentionnée comme un signal fort.

Leipzig est ainsi le plus avancé dans la démarche. Le club de Bundesliga, fidèle à une politique de recrutement construite sur la progression et la valorisation des profils sous-exploités, a manifestement identifié en El Aynaoui exactement ce qu’il cherche : un joueur de 23 ans, techniquement abouti, athlétiquement solide, dont la situation à Rome constitue une opportunité rare sur ce marché.

La concurrence avec Barcelone et Madrid change néanmoins la donne. Leipzig a l’avantage d’avoir agi en premier. Mais peut-il rivaliser en termes de projet sportif et de pouvoir d’attraction face aux deux colosses ibériques ? C’est tout l’enjeu des prochaines semaines.


Un joueur à la croisée des chemins

L’histoire de Neil El Aynaoui est, au fond, celle de nombreux joueurs pris dans les méandres du football professionnel : les bonnes décisions ne garantissent pas forcément les bonnes situations. Quitter Lens pour Rome semblait un choix logique, une étape cohérente dans une progression linéaire. Mais le football a ses propres règles, et Gasperini a les siennes. Le courant n’a pas passé. La page doit se tourner.

Ce qui rend ce dossier particulièrement fascinant, c’est précisément ce paradoxe fondateur : El Aynaoui n’a jamais été aussi convoité qu’au moment où il joue le moins. Sa valeur n’a pas fondu malgré le banc de touche — elle a, au contraire, été entretenue par ses performances avec le Maroc, et par cette rareté artificielle que crée une sous-utilisation chronique en club.

Le prochain mercato estival dira le reste. Barcelona, Madrid ou Leipzig ? Grand championnat ou pari sur un projet différent ? Une chose est sûre : à 23 ans, avec l’appétit de trois cadors européens aiguisé à son égard, Neil El Aynaoui n’a pas de temps à perdre. Et pour une fois, c’est lui qui aura le choix.

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