Barça : pour faire oublier la polémique Messi, Laporta rappelle qu’il a dit non au PSG sur Yamal

En pleine campagne pour un nouveau mandat à la tête du FC Barcelone, Joan Laporta n’a pas hésité à se servir du joyau Lamine Yamal pour illustrer sa fierté et son bilan. Face à son rival Victor Font, le président sortant a une nouvelle fois brandi l’offre colossale du Paris Saint-Germain, prétendument refusée à l’été 2024.

Depuis plusieurs mois, le président du Barça cultive le mythe d’une fidélité sans faille à ses jeunes talents. Et ce lundi, lors d’un débat électoral organisé à Barcelone, Joan Laporta a choisi son meilleur symbole : Lamine Yamal, 18 ans, déjà star du Camp Nou et produit phare de La Masia. Souriant, l’homme fort des Blaugranas a raconté, pour la énième fois, cette histoire devenu presque légende : l’été dernier, le Paris Saint-Germain aurait proposé 250 millions d’euros pour tenter de déloger le prodige catalan — offre immédiatement rejetée par le club.

Une fierté présidentielle et une arme politique

« L’une des choses dont je suis le plus fier depuis que je préside le Barça, c’est d’avoir refusé les 250 millions du PSG pour Lamine », a-t-il lancé, avant de rappeler que le jeune attaquant est lié au club jusqu’en 2031. Plus qu’un simple rappel contractuel, cette déclaration résonne surtout comme un argument politique : Laporta se positionne en gardien de l’identité barcelonaise, celui qui résiste à la tentation financière et défend l’héritage de La Masia.

Le cadrage est habile. Alors que le PSG a officiellement démenti l’existence d’une telle offre, Laporta en fait un symbole de sa gestion : ne jamais céder à l’argent facile et préserver le patrimoine sportif du club. Dans un contexte de tensions économiques et de dettes encore colossales, l’image d’un président refusant un chèque astronomique pour un pur produit maison parle au cœur des socios.

Victor Font, son principal adversaire, n’a d’ailleurs pas laissé passer l’occasion de nuancer cette héroïsation. Le candidat a rappelé avec précision que Lamine Yamal avait été recruté… en 2014, sous la direction d’Albert Puig, ancien responsable de La Masia et aujourd’hui membre de son équipe de campagne. Une manière de rappeler que la pépite du moment relève d’un travail collectif, bien antérieur au retour de Laporta au pouvoir.

Mais peu importe la chronologie : aux yeux de Laporta, la narration compte davantage que la trace historique. En glorifiant ce refus supposé du PSG, il renforce sa stature de président « protecteur du patrimoine catalan », une image qu’il cultive depuis sa première ère (2003‑2010). Et tant pis si Paris conteste la version – dans la bataille électorale, la symbolique vaut bien plus que la véracité.

À quelques semaines du scrutin, la carte Yamal s’avère donc un atout de communication redoutable. Comme souvent au Barça, le sport dépasse le terrain : entre identité, pouvoir et promesse d’avenir, Joan Laporta a trouvé dans le jeune attaquant non seulement un diamant du football mondial, mais aussi le parfait emblème de sa campagne.