Belle gueule d’enfant, regard tranquille et maturité déconcertante : Pau Cubarsí n’a que 19 ans, mais il dégage déjà la sérénité d’un vétéran.
Formé à La Masia, le défenseur s’est imposé comme un pilier du Barça version Hansi Flick, accumulant plus de cent matchs officiels et des titres dans toutes les compétitions nationales. Dans une interview accordée au journal L’Équipe, il a dévoilé un visage plus personnel, entre fous rires, cicatrices et fidélité absolue à ses couleurs d’enfance.
De la timidité à la pleine confiance
Tout a commencé par une nuit de janvier, lors d’un match de Coupe à Salamanca. Xavi Hernández, alors entraîneur du Barça, lui glissa une phrase simple mais décisive avant de l’envoyer sur le terrain : « J’ai confiance en toi. » Cubarsí avait 17 ans. « En entrant, j’étais calme, concentré. Le plus dur est venu après, avec les caméras et les interviews. Je n’avais pas l’habitude de parler espagnol devant tant de monde », confie-t-il aujourd’hui en souriant.
Quelques jours plus tard, pour son premier match comme titulaire en Liga contre le Betis, la scène se rejoue. À la fin de la rencontre, Xavi le félicite publiquement et lui souhaite un joyeux anniversaire. Lewandowski, amusé, s’étonne : « Tu as vraiment 17 ans ? » Le vestiaire rit, et le gamin comprend qu’il vient de franchir la porte d’un autre monde.
Maturité précoce et humour intact
Deux mois plus tard, il découvre la Ligue des champions face au Napoli. Titulaire surprise, il muselle Osimhen et décroche le titre de meilleur joueur du match. « J’essayais de rester agressif mais serein, de bien défendre et de relancer proprement », se souvient-il. Ce mélange d’intelligence et de sang-froid devient sa marque de fabrique.
Mais Cubarsí ne renonce jamais à son humour. Contre l’Étoile Rouge de Belgrade, il finit le visage en sang après un choc. Avant même d’être recousu, il demande un selfie : « Je voulais rassurer ma mère… et garder un souvenir », plaisante-t-il. Pour rejouer la semaine suivante, il doit porter un casque de protection disgracieux. Ses coéquipiers l’affublent alors d’un surnom : le serveur de McDonald’s. « C’est resté pendant des semaines ! », s’amuse-t-il encore.
Le cœur blaugrana avant tout
S’il est déjà courtisé à travers l’Europe, Cubarsí n’a jamais songé à quitter Barcelone. « Quand mes parents m’ont dit que le Barça voulait me recruter après un tournoi avec Gérone, j’avais envie de courir partout », se remémore-t-il. Le jeune Catalan grandit avec des idoles comme Messi, Iniesta et Xavi ; son premier grand souvenir reste la finale de la Ligue des champions 2015 contre la Juventus. Ce soir-là, il promet de jouer un jour sous le maillot blaugrana. Promesse tenue.
Et même lorsque d’autres grands clubs ont tenté de le séduire, sa réponse n’a jamais varié. « On m’a dit à La Masia que le club comptait sur moi. Alors pourquoi partir ? Le Barça, c’est ma vie », conclut celui qui, malgré son âge, est déjà devenu l’un des symboles d’une génération formée au jeu intelligent et à la fidélité sans calculs.
