À quelques heures d’un débat présidentiel crucial, Joan Laporta et Xavi Hernandez se livrent à un duel inattendu. L’ancien entraîneur accuse le président du FC Barcelone d’avoir bloqué le retour de Lionel Messi en 2023. Laporta dément, mais derrière l’échange se joue bien plus qu’une simple querelle : un parfum de politique et de règlements de comptes.
C’est une bombe dégoupillée par Xavi. Dans un entretien explosif à La Vanguardia, l’ancien coach du Barça a accusé Joan Laporta d’avoir « fait marche arrière » sur le retour de Lionel Messi après le sacre mondial du joueur argentin. « Le président ne dit pas la vérité », a tranché Xavi, affirmant qu’un accord existait entre le club, la Liga et le clan Messi avant que Laporta ne freine brusquement les négociations. Selon lui, le patron blaugrana aurait même signifié que le retour de la Pulga serait « une guerre qu’il ne pouvait pas se permettre ».
Quand la campagne électorale rattrape le vestiaire
Timing troublant : ces déclarations tombent à la veille d’un débat entre Laporta et son principal adversaire à la présidence, Victor Font. Un hasard ? Le président en exercice n’y croit pas une seconde. Devant la presse catalane, il a dénoncé « une utilisation politique de Xavi », pointant directement du doigt son rival : « Derrière tout cela, il y a une manipulation. Font cherche à me salir, c’est évident. »
Mais avant même d’en venir à la politique, Laporta a contre-attaqué sur le terrain sportif. « Avec les mêmes joueurs, Xavi perdait et Flick gagne », a-t-il lancé, façon de rappeler que son limogeage de l’entraîneur catalan était, selon lui, un choix juste et nécessaire. Puis, plus personnel : « Cela me fait mal qu’il se soit laissé utiliser. Je ne pensais pas qu’il tomberait si bas. » Des mots durs, reflet d’un fossé désormais béant entre deux figures du barcelonisme.
Car au-delà du choc des egos, c’est l’identité même du club qui se retrouve prise en étau. D’un côté, un Xavi désabusé, fidèle à une idéologie et à un homme — Messi — qu’il considère central à l’âme du Barça. De l’autre, un Laporta stratège, décidé à défendre son bilan de redressement économique et sportif, quitte à froisser ses symboles les plus aimés.
Autre brûlure : les propos de Victor Font, relançant le feu en affirmant que « Messi pense la même chose que Xavi ». Une phrase qui, à quelques jours d’un vote décisif, pourrait peser lourd.
Dans un club où les légendes s’affrontent désormais dans les médias plutôt que sur la pelouse, le FC Barcelone s’offre, une fois encore, un scénario digne de son histoire : passionné, fracturé, et terriblement humain.
