Lamine Yamal ne se contente plus de foudroyer la Liga depuis la droite : il s’invite peu à peu au cœur du jeu, entre mediapunta et faux 9, comme un héritier spirituel de la lignée Messi. Autour de lui, entraîneurs, anciens de La Masia et analystes s’accordent : la bande commence à lui paraître trop étroite pour un tel cerveau de foot.
À mesure qu’il grandit au Barça, Lamine Yamal se rapproche de plus en plus de la zone où tout se décide. Il part encore souvent de l’aile droite, mais touche le ballon plus souvent entre les lignes, se replie pour organiser, se glisse entre les défenseurs et se met en situation d’associer. Face au Real ou au Betis, Hansi Flick l’a déjà testé dans le rôle de 10, avec une liberté de mouvement qui fait ressortir ses qualités de vision et de passes de but. “Il m’a demandé si je voulais jouer de 10, je lui ai répondu : vas‑y”, a‑t‑il confié, confirmant que ce n’est pas seulement un plan de match, mais une évolution qui s’annonce.
Les anciens de La Masia le confirment : ce n’est pas un hasard. En infantiles et cadets, Yamal jouait souvent faux 9 ou très dedans, avec une lecture de jeu hors normes pour son âge. “Il a le foot dans la peau, analyse Iban Carrasco, il prend toujours la bonne décision, même très jeune.” Albert Puig, qui l’a entraîné plusieurs saisons au Barça, rappelle qu’il s’exprime mieux quand il a des lignes de passes et une référence devant lui. Et Julen Guerrero, l’ancien du Athletic, ajoute quelque chose d’autre : Yamal peut finir à n’importe quel poste offensif, mais son instinct est de faire mal près de la surface, qu’il soit extérieur, centre ou derrière le 9. Vu la manière dont il enchaîne les buts cette saison, le “mythe” qu’il ne serait pas un vrai buteur est en train de s’effacer.

