Samedi soir à 20h, Geoffroy-Guichard va vibrer. Avec déjà 32 000 billets vendus, le stade des Verts s’apprête à vivre l’une des soirées les plus électriques de sa saison.
En face : Troyes, leader de Ligue 2 avec 60 points, soit trois longueurs d’avance sur Saint-Étienne. Un choc au sommet aux allures de finale pour la montée directe en Ligue 1 — et les Verts devront le disputer dans des conditions loin d’être idéales.
Trois tuiles en 48 heures : l’infirmerie déborde
La semaine n’a pas épargné le staff de Pascal Montanier. Depuis la défaite concédée à Bastia il y a quelques jours (0-2, 31e journée), les mauvaises nouvelles se sont accumulées à une vitesse inquiétante, transformant la préparation de ce match crucial en véritable casse-tête.
Premier coup dur, et non des moindres : Mahmoud Jaber est forfait pour le reste de la saison. Le milieu défensif, opéré récemment, ne foulera plus une pelouse cette année. Titulaire indiscutable dans l’entrejeu stéphanois, son absence prive Montanier de son métronome défensif au pire des moments.
Dans la foulée, c’est Paul Eymard qui a quitté prématurément la compétition sur blessure. Le jeune prometteur, récemment convoqué avec le groupe professionnel, s’est fracturé le tibia lors d’un match de réserve contre Jura Sud. Sa saison est terminée.
Enfin, Florian Tardieu demeure incertain. Gêné musculairement depuis la désillusion de Bastia, l’ancien milieu du Havre n’a pas encore donné de garanties suffisantes pour figurer dans le onze de départ ce soir. Son statut pourrait n’être tranché qu’au dernier moment. À ces absences s’ajoutent celles, de plus longue durée, de Nicolas Lemaitre et Tawfik Bentayeb, ce dernier touché aux quadriceps et lui aussi incertain.
Le constat est brutal : défense et milieu de terrain sont décimés à trois journées de la fin du championnat. Montanier devra probablement s’appuyer sur des solutions de fortune, avec possiblement des jeunes comme Dodote ou Pedro propulsés dans le grand bain pour pallier l’hécatombe.
Huis clos strict : Montanier en mode bunker
Face à cette accumulation d’obstacles, le technicien stéphanois a choisi une réponse radicale : le silence. Depuis le retour de Bastia, l’ensemble des séances d’entraînement des professionnels masculins se tient à huis clos complet, conformément au programme officiel publié sur le site de l’ASSE.
Mardi, jeudi, vendredi — chaque session a été fermée aux regards extérieurs, y compris la conférence de presse de jeudi, encadrée d’un entraînement confidentiel. Ce vendredi encore, à 10h30, les Verts ont travaillé loin des caméras. Dimanche, jour de soins, prolongera ce dispositif.
Cette mise en bunker n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte de pression maximale : la défaite à Bastia a permis au Mans de revenir à 57 points, soit à hauteur de Saint-Étienne, ravivant le spectre d’un décrochage en fin de saison. La mémoire collective stéphanoise se souvient d’autres fins de saison cauchemardesque, et personne ne souhaite la revivre.
Une tension d’autant plus palpable que, selon certaines informations locales, une séance vidéo avait été annulée avant le match de Bastia — des fuites auraient-elles compromis la préparation ? La question reste ouverte, mais elle explique en partie pourquoi Montanier a choisi de verrouiller hermétiquement son groupe pour ce sprint final.
Troyes arrive en forme, Saint-Étienne dos au mur
En face, le tableau n’est guère plus rassurant pour les Verts. L’ESTAC Troyes, leader avec trois points d’avance, pourrait récupérer plusieurs éléments clés pour ce déplacement à Geoffroy-Guichard, notamment El Idrissy et Gozzi. Un adversaire revigoré, en pleine confiance, qui n’a aucune raison de lâcher.
Pour Saint-Étienne, l’équation est simple et cruelle : pas de victoire ce soir, et la montée directe pourrait définitivement s’éloigner. Avec seulement trois journées restantes, chaque point perdu à domicile face au leader représenterait une blessure potentiellement fatale pour les espoirs de L1.
Ce soir, Geoffroy-Guichard ne sera pas seulement un stade. Ce sera un tribunal. Et les Verts, blessés, préparés dans l’ombre, seront jugés sur pièces.
ASSE – Troyes, samedi soir à 20h, Stade Geoffroy-Guichard, 32e journée de Ligue 2.


