Philippe Montanier de retour au bercail, et ça fait bizarre de le voir reprendre du service comme ça, à 61 ans, pile après cette défaite rageante contre Boulogne qui a scellé le sort d’Eirik Horneland.
Samedi soir, Geoffroy-Guichard encore sous le choc d’un 0-1 immérité – les Verts à dix après l’expulsion idiote de leur latéral –, le communiqué tombe : séparation à l’amiable avec le Norvégien, qui avait pourtant tenu 43 matchs dans une tempête de transformation. Horneland, lui, parle de privilège immense, de respect pour la ville et les supporters ; touchant, mais les chiffres ne mentaient pas, une série sans fin de revers qui rongeait tout le monde, et on sentait depuis Reims que la sentence était imminente.
Et pourtant, Philippe, ancien gardien des Verts en 99-2000 pour boucler sa carrière pro, signe jusqu’à la fin de saison plus une en option, écourtant même ses vacances en Australie pour plonger direct dans le Chaudron. Il débarque avec son adjoint Stéphane Lièvre, rencontre le groupe ce dimanche matin, et balance dans le com’ sa fierté d’être là, touché par la « sincérité de la direction » et ce projet ambitieux qui prend forme – des mots qui sonnent juste, venant d’un gars passé par Rennes, Lens, Valence, Nottingham Forest, même le Standard. Sauf que les nuances sautent aux yeux : sans banc depuis Toulouse en 2023, est-ce le plan B idéal pour une équipe cinquième en Ligue 2, accro à la montée mais fragile derrière ? Les stats de Montanier varient, solides en L1 par bursts, plus ternes ailleurs ; on ne sait pas encore si ce retour nostalgique va coller avec un vestiaire jeune et agité.
Première sortie samedi prochain contre Montpellier, sous les yeux des Chaudeardiens qui en redemandent après des mois de doutes. Montanier parle de détermination totale pour transformer tout ça en résultats concrets, et j’ai vu ses yeux briller à la conf’ ce lundi matin, comme s’il sentait la ferveur unique du Chaudron capable de tout renverser. Mais attention, les limites sont là : mercato encore bouillonnant avec Le Cardinal en vue en défense, et ce groupe qui a déjà viré un coach, prêt à imploser ou à exploser ? Les joueurs l’ont applaudi à son arrivée, ça augure bien, quoique les lendemains de révolution cachent souvent des fissures invisibles.

