La menace plane depuis plus d’un an. Les Green Angels et les Magic Fans, piliers de la ferveur stéphanoise depuis des décennies, font face à une procédure de dissolution administrative initiée par le ministère de l’Intérieur.
Une crise sourde, née dans les tensions de mars 2025, qui resurgit avec une acuité particulière alors que l’AS Saint-Étienne joue sa survie en Ligue 1.
Une épée de Damoclès depuis mars 2025
Tout commence lors de débordements survenus en marge de plusieurs rencontres : jets de pétards, incidents en tribune, comportements jugés incompatibles avec la sécurité des stades. Le ministère de l’Intérieur déclenche alors une procédure qui pourrait aboutir à la dissolution pure et simple des deux principaux groupes de supporters stéphanois. Une commission nationale consultative de prévention des violences est saisie, et les convocations se succèdent.
Depuis, les sanctions s’accumulent. Interdictions de déplacements, huis clos partiels : les ultras verts se retrouvent régulièrement privés de leur club. Illustration concrète ce vendredi 18 avril, à l’occasion de Bastia-ASSE à Furiani : aucun supporter stéphanois ne sera autorisé dans le parcage visiteurs. Un vide symbolique, douloureux, dans un stade où la communion entre le club et ses fans est habituellement totale.
Une solidarité qui dépasse les frontières
Face à cette menace existentielle, la réponse du mouvement ultra européen a été immédiate et massive. En France, une trentaine de groupes de supporters ont affiché leur solidarité : le virage Nord de l’OL, les fans parisiens, brestois, lensois ou bordelais ont brandi banderoles et tifos en soutien aux Verts. Un front commun rare dans un milieu souvent fracturé par les rivalités.
À l’étranger, le mouvement prend une autre dimension. Des groupes de Dortmund, de Brescia et de Split ont rejoint ce mouvement de soutien transversal, rappelant que la question de la dissolution des associations de supporters dépasse le seul cadre français et touche à des libertés fondamentales reconnues dans toute l’Europe du football.
Gazidis en première ligne, les élus dans la bataille
L’ASSE elle-même n’est pas restée silencieuse. Le président Ivan Gazidis a exprimé son opposition ferme à la procédure, et une délégation du club a été reçue par la commission compétente. Du côté politique, le maire de Châteauroux — ancien ministre des Sports — a apporté son soutien aux groupes menacés, signe que l’affaire dépasse le simple cadre sportif.
Un rassemblement avait été organisé place Jean-Jaurès à Saint-Étienne fin mars 2025, plusieurs milliers de supporters réunis en vert et blanc pour dire non à la dissolution. Une démonstration de force pacifique, mais chargée d’émotion.
Une crise qui contraste avec l’euphorie du Chaudron
Le paradoxe est saisissant. Pendant que les ultras se battent pour leur existence légale, l’ASSE connaît une saison historique. Deuxième de Ligue 2 avec 57 points, les Verts ont rempli Geoffroy-Guichard à 36 588 spectateurs face au Red Star, et le match contre Troyes le 25 avril affiche déjà complet avec 32 000 billets écoulés.
La ferveur est là, intacte, records battus. Mais sans ses ultras libres de leurs mouvements, le Chaudron risque de perdre une partie de son âme au moment précis où Saint-Étienne s’apprête à écrire l’une des pages les plus importantes de son histoire récente.
🇪🇺 #FCBRMA : une première image du soutien des Bavarois pour les ultras stéphanois lors du quart de finale de LDC !
— Ferveur Verte (@FerveurVerte_) April 16, 2026
« La passion ne se dissout pas : liberté pour les ultras français ! » pic.twitter.com/hSBleQaUAj
