ASSE : Il a dit non à Manchester United pour rester chez les Verts !

À 18 ans, Paul Eymard vient de refuser l’un des clubs les plus mythiques du monde pour prolonger à Saint-Étienne. Derrière ce choix en apparence anodin se cache un signal fort sur la transformation profonde du projet stéphanois.

Quand Manchester United frappe à la porte d’un gamin de 18 ans, la réponse habituelle est évidente : on fait ses valises. Paul Eymard, lui, a dit non. Le milieu de terrain formé à l’ASSE, courtisé en parallèle par l’Inter Milan selon L’Éveil de la Haute-Loire, a signé son premier contrat professionnel avec Saint-Étienne jusqu’en 2028 — trois ans de fidélité à un club qui évolue encore en Ligue 2. Dans le football moderne, où les jeunes talents s’envolent dès que les grands clubs agitent leur chéquier, ce choix détonne. Il mérite qu’on s’y arrête.

Quand la maturité prend le dessus sur l’ambition immédiate

Eymard n’est pas un inconnu dans le vestiaire vert. Avec déjà quatre apparitions en championnat et trois en Coupe de France cette saison, il prouve qu’il n’est pas simple figurant. Mais ce qui frappe davantage, c’est le discours qu’il tient : « Je me dis que je suis encore loin d’être arrivé et que j’ai beaucoup d’étapes à franchir. Des joueurs comme ça, que l’on présentait comme de très grands espoirs et qui n’ont pas réussi, il y en a eu énormément. » Ces mots, à 18 ans, révèlent une intelligence de situation rare. Il ne nie pas l’attrait d’Old Trafford — il le contextualise, avec une lucidité que beaucoup de joueurs bien plus expérimentés n’ont jamais su afficher.

Ce refus s’inscrit dans une dynamique plus large que le simple cas Eymard. Depuis l’arrivée de Kilmer Sports Ventures (KSV) à la tête du club, Saint-Étienne a radicalement changé son rapport aux jeunes. Le projet proposé par le club au joueur — une intégration quotidienne au groupe professionnel — est précisément ce qu’un grand club anglais n’aurait pas forcément offert à un teenager inconnu en Premier League. Dans ce contexte, refuser Manchester United ne signifie pas refuser la grandeur : cela signifie choisir le bon chemin pour y accéder. Et c’est exactement le type de raisonnement que les clubs formateurs français ont longtemps échoué à inspirer chez leurs pépites.

L’ironie de cette histoire est que Saint-Étienne, club relégué en Ligue 2 à l’été 2024 et en pleine reconstruction, devient paradoxalement plus attractif aux yeux de certains profils que des géants en crise d’identité. Manchester United, englué dans ses contradictions sportives depuis plusieurs saisons, n’offre plus la garantie d’un temps de jeu immédiat pour les jeunes espoirs — quand l’ASSE, sous la houlette d’Eirik Horneland et de la direction de Loïc Perrin, construit un projet clair autour de la montée en Ligue 1. Eymard a visiblement compris quelque chose que beaucoup de recruteurs européens sous-estiment encore : dans le football d’aujourd’hui, le bon projet au bon moment vaut parfois plus qu’un grand nom sur le maillot.