AS Monaco, le retour du mental de fer

Après un hiver inquiétant, l’AS Monaco renaît spectaculairement. Invaincue depuis sept rencontres et victorieuse au Parc des Princes, l’équipe de Sébastien Pocognoli retrouve son identité conquérante. Et si les Monégasques étaient sur le point de rejouer un scénario qu’ils connaissent par cœur : celui d’un sprint final tambour battant ?

Monaco a souvent l’art de surgir quand on ne l’attend plus. Engluée dans le doute il y a encore quelques semaines, la formation de Sébastien Pocognoli a soudain trouvé le bon tempo. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sept matchs sans défaite, cinq victoires, quinze buts inscrits pour seulement quatre concédés. Une série qui a replacé l’ASM dans le sillage du podium, à trois points seulement de Marseille et cinq de Lyon. Au moment où les leaders commencent à regarder dans le rétroviseur, les hommes du Rocher avancent masqués — mais avec les crocs.

Paris, le déclic d’un autre niveau

Le déclic, tout le monde l’a vu au Parc des Princes. Gagner deux fois face au PSG sur la même saison n’a rien d’anodin. Au-delà du symbole, c’est la manière qui a marqué : autorité, intensité, confiance totale. Thilo Kehrer a parlé d’une “énergie nouvelle dans le groupe”, Denis Zakaria d’une “équipe qui sait désormais qu’elle peut frapper fort”. Quant à Pocognoli, il a assumé un message limpide : « Ce match nous prouve que nous avons encore notre mot à dire ». Une phrase qui en dit long sur l’état d’esprit retrouvé d’une équipe longtemps bridée par le doute.

Cette victoire, c’est aussi le retour d’une défense solide, d’un milieu retrouvé, et d’une attaque redevenue tranchante. À Monaco, tout semble s’être réaligné au bon moment. Et dans une Ligue 1 où la dynamique compte autant que le talent, cette montée en puissance tombe à point nommé.

Un calendrier de vérité

La suite donnera le ton. Brest au Louis-II pour confirmer, puis deux déplacements à haut risque : Lyon et Marseille. Trois matchs en quinze jours qui peuvent tout changer. Si Monaco en ressort avec au moins six points, le podium deviendra un objectif concret plutôt qu’un rêve tardif. Après, le programme sera plus favorable — Paris FC, Auxerre, Toulouse, Metz, Lille, Strasbourg — autant de rencontres à la portée d’un collectif désormais lancé à pleine vitesse.

Et puis, il y a cette habitude, presque génétique : celle de finir fort. Troisième en 2022 après un sprint de folie, deuxième en 2024 après une deuxième partie de saison renversante, encore sur le podium en 2025… Chaque printemps voit Monaco se réinventer. Cette constance dans la révolte forge les grandes équipes, celles qui refusent d’abandonner.

Aujourd’hui, tout indique que l’histoire pourrait se répéter. L’AS Monaco avance avec la foi d’un club qui a déjà vu le film — et sait très bien comment il se termine.