Alvaro Arbeloa n’a pas tourné autour du pot. Trois jours après la victoire du Real Madrid sur la pelouse de Benfica (1-0) en Ligue des champions et les accusations de racisme portées par Vinicius Junior contre Gianluca Prestianni, l’entraîneur madrilène a profité de sa conférence de presse pour adresser plusieurs messages forts — à son joueur, à l’UEFA, et même à José Mourinho.
“Ce racisme-là, on ne peut plus le tolérer”
La tension restait palpable ce vendredi à Valdebebas. Vinicius Junior, bouleversé par les insultes racistes dont il assure avoir été victime au Portugal, n’a pas encore digéré. Arbeloa, lui, a choisi de transformer la colère en engagement collectif : « Vini a été triste et très indigné, comme nous tous. Ce qu’il a subi n’a pas sa place dans notre sport. C’est un acte raciste, point final. L’important est de lutter, pas de minimiser. Nous avons une opportunité historique de montrer que le football ne peut plus accepter ça. »
L’entraîneur du Real Madrid a tenu un ton ferme, sans détour. Ses mots visaient autant à soutenir son ailier brésilien qu’à interpeller les instances européennes. « Ce n’est pas à moi de décider des sanctions, mais il doit y en avoir. L’UEFA doit agir. Ce qui s’est passé doit marquer un avant et un après. Si on laisse passer, cela reviendra plus fort », a-t-il martelé. Une prise de parole qui sonne comme un avertissement adressé à Nyon.
Envers Mourinho, une ligne claire : “Ne pas détourner le débat”
Les caméras attendaient également sa réaction aux propos de José Mourinho. Le manager lisboète, sans prendre clairement position, avait reproché à Vinicius son attitude après son but, déclenchant une vive polémique. Arbeloa n’a pas cherché la confrontation, mais il a remis les choses à leur place. « Tout le monde a vu ce qu’il s’est passé. Ce n’est pas le moment de parler de célébration, ni de personnalités. Le sujet, c’est le racisme. Nous avons une chance d’agir, pas de débattre de gestes ou de provocations. »
L’ancien défenseur, ancien capitaine d’un vestiaire madrilène habitué à la pression, a ensuite ajouté une précision lourde de sens : « Je ne commenterai pas les opinions de Mourinho ou de Kompany. Ce qui compte, c’est que Vinicius n’a rien fait pour justifier un acte raciste. Il a marqué un superbe but, il a célébré comme tant d’autres. La victime ne doit pas devenir le coupable. »
Un message d’unité et de fermeté
Dans un moment où le Real Madrid s’efforce de protéger son joueur et son image, Arbeloa incarne désormais une voix de fermeté. Sans éclat inutile, mais avec une conviction rare dans un milieu souvent frileux à dénoncer frontalement le racisme. Le technicien espagnol a terminé sa conférence en appelant à un sursaut collectif : « Il faut que tous — clubs, joueurs, supporters, instances — comprennent que c’est maintenant que ça se joue. Soit on agit, soit on accepte. Et moi, je refuse d’accepter. »
Le ton est donné. À l’UEFA, désormais, de répondre.
