Après avoir échoué à Marseille, Eyraud se permet de donner des conseils à la Ligue 1 !

Jacques-Henri Eyraud, ancien président de l’Olympique de Marseille, reste un observateur attentif du football français, même après son départ du club en 2021. Dans un entretien récent, il a proposé des réformes radicales pour redresser la Ligue 1, qu’il juge en difficulté. Ces propositions, inspirées de modèles américains, visent à rendre le championnat plus compétitif et à améliorer ses finances.

D’abord, Eyraud plaide pour la création d’une « ligue d’élite » à 16 clubs. Selon lui, les clubs participants devraient être sélectionnés sur la base de critères objectifs, et chaque club recevrait une part égale des droits TV domestiques, renforçant ainsi la compétitivité. Il propose aussi un système où certains clubs pourraient obtenir une licence en raison de rivalités sportives locales, citant l’exemple des clubs parisiens. Cette ligue professionnelle serait donc plus fermée que le modèle actuel.

Pour la Ligue 2, Eyraud propose d’inspirer le système des « wild cards » du tennis. Concrètement, les deux meilleures équipes de Ligue 2, à savoir le vainqueur et le vice-champion, pourraient rejoindre l’élite, mais avec des ressources limitées provenant de la Ligue 2. Ils recevraient la part des droits TV qu’ils auraient perçue en Ligue 2 et bénéficieraient de revenus supplémentaires issus de la billetterie, du marketing et des sponsors.

Concernant les finances, Eyraud souhaite que chaque club de Ligue 1 paie une somme importante pour obtenir sa licence, qu’il évalue à 50 millions d’euros. Cela représenterait un total de 800 millions d’euros pour les 16 clubs, et une partie de ce montant serait reversée à la Fédération Française de Football (FFF) et au football amateur. Il propose également qu’en cas de cession de licence, le club vendeur reverserait un pourcentage du montant à la FFF.

Une autre proposition notable est l’introduction d’un salary cap, une idée déjà évoquée dans le passé. Eyraud imagine que ce cap serait calculé en fonction de la situation financière de chaque club, mais il souhaite également instaurer une masse salariale minimale pour garantir une certaine compétitivité. Il espère ainsi éviter des écarts trop importants entre les clubs, ce qui pourrait nuire à l’équilibre du championnat.

Enfin, pour rendre la fin de saison plus excitante et imprévisible, Eyraud propose l’introduction de playoffs, un système inspiré de la NBA. À l’issue de la saison régulière, les 4 à 8 premières équipes disputeraient des matchs de playoffs pour déterminer le champion. Bien que les 4 premières places seraient encore qualificatives pour les compétitions européennes, le titre serait attribué après ces séries éliminatoires, ce qui ajouterait du suspense à la fin de la saison.

Ces propositions de Jacques-Henri Eyraud, bien que controversées, visent à réformer en profondeur la Ligue 1 en s’inspirant des modèles économiques et sportifs qui fonctionnent aux États-Unis. Elles ont pour objectif de moderniser le championnat, de mieux répartir les revenus et d’attirer davantage de spectateurs et de sponsors. Si certaines de ses idées, comme la Ligue fermée ou les playoffs, divisent les observateurs, elles ont le mérite de relancer le débat sur l’avenir de la Ligue 1 et de son modèle économique.