Amorim, dernière victime du serial killer d’entraîneurs : Manchester United !

Rúben Amorim n’aura pas résisté à la tempête mancunienne. Évincé à son tour, le Portugais rejoint la longue liste des entraîneurs sacrifiés sur l’autel d’un club en quête désespérée de renaissance depuis l’ère Ferguson.

L’histoire se répète à Old Trafford, et elle frôle désormais la caricature. Rúben Amorim, arrivé avec l’étiquette du renouveau tactique et d’un football moderne inspiré du Sporting Portugal, n’aura pas tenu une saison complète sur le banc de Manchester United. Malgré de bonnes intentions et quelques sursauts prometteurs, le manque de constance, les blessures à répétition et un vestiaire morcelé ont vite eu raison du technicien portugais. Les dirigeants, impatients de retrouver leur glorieux passé, ont une nouvelle fois choisi la voie la plus facile : celle du licenciement.
Un club devenu broyeur de coachs

Depuis le départ de Sir Alex Ferguson en 2013, le banc de Manchester United ressemble à une chaise éjectable. David Moyes, Louis van Gaal, José Mourinho, Ole Gunnar Solskjær, Ralf Rangnick, Erik ten Hag… tous ont tenté, chacun à leur manière, de raviver la flamme rouge. Tous ont fini par succomber à la pression d’un environnement où les attentes dépassent la réalité du terrain. Les cycles raccourcissent, les promesses se vident de sens et l’institution continue de s’enliser dans un éternel recommencement.

Le cas Amorim illustre cruellement l’incapacité de la direction à instaurer une vision cohérente à long terme. Formé dans la culture du jeu fluide et collectif, le Portugais s’est heurté à la fragmentation du projet sportif : un recrutement sans ligne claire, un effectif hétérogène et une direction sportive hésitante. Ses idées n’ont pas survécu aux urgences d’un club plus préoccupé par les résultats immédiats que par la construction d’un projet durable.

À chaque limogeage, la même question revient : Manchester United a-t-il encore la patience d’un grand club ? Tant que la stabilité restera un luxe et que le banc continuera à tourner à ce rythme, la reconstruction restera un mirage. Amorim est parti, mais le véritable problème, lui, demeure : un club prisonnier de son passé et incapable de bâtir sereinement son futur.