En grande difficulté en Ligue 2, Amiens a choisi de trancher.
Ce jeudi matin, l’ASC a officialisé le départ d’Omar Daf, son entraîneur depuis un an et demi. Les dirigeants picards espèrent provoquer un électrochoc pour éviter une fin de saison cauchemardesque, alors que le club glisse dangereusement vers la zone rouge. L’intérim sera assuré par le duo Julien Ielsch – Serge Costa.
La fin d’une histoire au goût d’inachevé
Le couperet est tombé sans surprise, mais avec une certaine amertume. Arrivé à l’été 2022, Omar Daf n’aura pas réussi à donner à Amiens la stabilité espérée. Seizième du classement après 27 journées, l’ASC n’a gagné qu’un seul de ses dix derniers matchs et pointe à la limite de la zone des barragistes. Une spirale négative dont le technicien sénégalais, pourtant réputé pour sa rigueur et son sens du collectif, n’est pas parvenu à s’extraire.
Le club samarien a communiqué laconiquement sur ce départ, préférant se concentrer sur l’urgence sportive : « L’Amiens SC annonce la mise à l’écart d’Omar Daf. Un duo composé de Julien Ielsch et Serge Costa assurera l’intérim. » Dans les couloirs de la Licorne, le mot d’ordre est clair : sauver la saison et recoller au peloton sans attendre un miracle.
Pour les supporters, cette séparation traduit surtout une perte de repères. Depuis la descente de Ligue 1 en 2020, Amiens n’a jamais retrouvé de stabilité sur le banc. Luka Elsner, Philippe Hinschberger puis Omar Daf… trois entraîneurs en quatre ans pour une équipe souvent promise mieux qu’une lutte acharnée pour le maintien.
Un choc espéré dans un vestiaire en perte de confiance
Les dirigeants amiénois espèrent désormais que la nomination du tandem Ielsch–Costa permettra de remobiliser un groupe en pleine crise de confiance. L’ancien défenseur emblématique du club connaît la maison et jouit d’un respect naturel dans le vestiaire. Son regard neuf, associé à l’expertise de Costa, doit apporter une dynamique plus positive dès le prochain match, un déplacement capital à Valenciennes, lanterne rouge mais renversante depuis le début de l’année.
Sur le plan tactique, il n’est pas exclu que les deux intérimaires s’appuient sur un retour à des bases simples : solidité défensive, pressing collectif, et une relance moins timorée. « Le plus urgent, c’est de retrouver des fondamentaux », confie en interne un membre du staff. Un discours simple, mais nécessaire pour un groupe qui semblait parfois perdu entre ambition de jeu et peur de mal faire.
Si Amiens veut se donner de l’air, la série à venir s’annonce cruciale : Valenciennes, Bastia, Dunkerque et Grenoble. Des confrontations directes pour la survie. Dans les bureaux du club, la direction n’exclut pas de nommer rapidement un nouvel entraîneur, mais à condition de trouver « le bon profil, pas un pari précipité ».
À huit journées de la fin, l’ASC joue plus qu’un maintien : sa crédibilité sportive et son identité. Le divorce avec Omar Daf marque peut-être la fin d’un cycle, mais aussi le point de départ d’un sursaut attendu par tout un peuple picard.
