Sacré meilleur jeune athlète aux Laureus, auteur d’une saison stratosphérique avec le Barça, le prodige espagnol aborde la Coupe du Monde 2026 avec une maturité qui dépasse largement son âge. Portrait d’un gamin qui a décidé de grandir en public.
Il y a des joueurs qui naissent grands. Lamine Yamal, lui, est en train de le devenir sous nos yeux, en accéléré, et avec une lucidité qui désarme. Lundi soir, lors de la cérémonie des Laureus Awards — où il a décroché le titre de jeune athlète de l’année — l’ailier du FC Barcelone n’a pas joué la carte de l’enthousiasme facile. Il a parlé vrai. Et c’est précisément ce qui frappe.
Une saison hors norme pour un adolescent hors normes
Avant d’évoquer l’avenir, un détour par les chiffres s’impose. En 44 matchs toutes compétitions confondues cette saison, Yamal totalise 23 buts et 18 passes décisives. À 18 ans à peine. Le FC Barcelone domine la Liga avec neuf points d’avance sur le Real Madrid, et le natif de Mataró en est l’architecte principal, numéro 10 dans le dos et leadership dans les jambes. Seule ombre au tableau : une élimination en quarts de finale de Ligue des Champions face à l’Atlético de Madrid. Insuffisant pour ternir une trajectoire qui ressemble davantage à une comète qu’à une carrière ordinaire.
« Je n’ai que 18 ans » — mais il en sait déjà bien plus
Ce qui surprend le plus chez Yamal, ce n’est pas le talent — on le savait depuis que Xavi l’a lancé à 15 ans dans le grand bain barcelonais. C’est la conscience du rôle. Interrogé sur la pression et les polémiques extra-sportives qui ont parfois collé à ses basques, le joueur a livré une réponse désarmante de maturité : comprendre qu’on est un modèle, que les enfants regardent, que chaque prise de parole compte. « Je ferai parfois des erreurs, mais j’essaie d’être constructif », a-t-il glissé, avec une sobriété qui contraste avec son jeune âge.
Ce discours-là, on l’attendrait d’un capitaine de trente ans. Pas d’un adolescent qui disputera cet été sa première Coupe du Monde.
La Roja, le Mondial et un rêve d’enfant devenu objectif planétaire
Car c’est bien là que tout converge. Après avoir été le héros de l’Euro 2024 — son but en demi-finale contre la France restera dans les annales — Yamal se projette désormais sur le Mondial 2026, co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique. « Depuis mon enfance, je rêve d’une Coupe du Monde, de voir ma mère dans les tribunes, de représenter l’Espagne », a-t-il confié avec une sincérité désarmante. Pas de langue de bois, pas de formule toute faite. Juste un gamin qui sait exactement ce qu’il veut.
L’Espagne, tenante du titre européen, figure parmi les grandes favorites du tournoi. Avec Yamal dans son couloir droit, elle possède un argument que peu de nations peuvent lui opposer : un joueur capable de changer un match — ou un tournoi — en quelques secondes d’improvisation géniale.
Le monde a rendez-vous avec lui cet été. Et visiblement, il est prêt.


