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Vincenzo Nibali n’a jamais pensé au dopage

Vincenzo Nibali (Photo by Icon Sport)

Dans une récente interview, le coureur italien a évoqué la question du dopage, longtemps un fléau dans la discipline.

Trois ans après avoir raccroché le vélo, Vincenzo Nibali continue de faire entendre sa voix. Dans une interview accordée samedi au Corriere della Sera, l’ancien vainqueur du Tour de France (2014) est revenu en détail sur sa carrière, en abordant de front le sujet du dopage, fléau qui a longtemps gangrené le peloton. À 40 ans, l’Italien se veut catégorique : « Je ne me suis jamais dopé dans ma vie, et je n’ai même jamais pensé le faire. On m’a contrôlé un million de fois, ils peuvent tester des éprouvettes dans cent ans », a-t-il affirmé avec conviction.

S’il n’a jamais été contrôlé positif, Nibali n’a pas échappé aux soupçons, notamment lorsqu’il portait les couleurs de l’équipe Astana (2013-2016), alors secouée par plusieurs scandales. « J’étais Italien, je gagnais, et mon manager, Vinokourov, avait un passé trouble. J’ai été suivi, ma voiture fouillée, mon téléphone surveillé, et je suis convaincu qu’on a même perquisitionné chez moi », raconte-t-il. Nibali décrit un climat de méfiance généralisée envers les coureurs : « Les cyclistes étaient des cibles faciles. »

« Le cyclisme est plus propre aujourd’hui »

Lucide, le Sicilien ne nie pas que le dopage était monnaie courante dans le peloton à ses débuts. « C’était une autre époque. Certains allaient aux courses comme on partait à la guerre. Mais si tu ne voulais pas te doper, tu ne te dopais pas. La génération suivante a changé les choses, et si le cyclisme est plus propre aujourd’hui, c’est aussi grâce à nous », estime-t-il.

Enfin, Nibali n’a pas caché son amertume à l’évocation de victoires volées. En 2012, il terminait deuxième de Liège-Bastogne-Liège derrière Maxim Iglinskij, plus tard contrôlé positif. « Je ne me suis jamais demandé combien de fois j’avais perdu à cause du dopage… probablement beaucoup. Et si, sur la Vuelta 2010, Mosquera m’avait battu ? », conclut-il, laissant transparaître une frustration tenace mais maîtrisée.

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