Le Belge Wout Van Aert soupçonne un acte malveillant après avoir crevé dans les derniers kilomètres du GP Samyn. Des éclats de verre seraient apparus “comme par magie” sur la route, relançant le débat sur la sécurité en course.
Ce devait être une reprise en douceur pour Wout Van Aert. L’ancien vainqueur des Strade Bianche voulait retrouver le rythme, jauger ses sensations et accompagner le collectif de Visma-Lease a Bike dans le final du GP Samyn. Pourtant, c’est la frustration et la colère qui ont dominé l’après-midi du coureur belge, contraint de lâcher prise dans les derniers kilomètres après une crevaison survenue dans des circonstances pour le moins étranges.
Selon plusieurs médias belges, Van Aert estime que sa mésaventure pourrait ne pas être due au hasard. “Au dernier tour, il y avait soudainement du verre sur la route. Ce n’était pas dirigé contre moi, mais on était passé cinq ou six fois au même endroit, et la route était propre”, a-t-il relaté, encore visiblement agacé. Quelques instants plus tard, il a ajouté : “Je ne comprends pas comment ces morceaux de verre ont pu se retrouver là par hasard. Cela sent le sabotage.”
Un mal étrange qui interpelle le peloton
Le mot est lâché : sabotage. Si l’hypothèse reste à vérifier, elle en dit long sur la méfiance ambiante dans le peloton. Les conditions de course, souvent nerveuses sur les circuits du Nord, ne sont pas nouvelles, mais la multiplication des incidents mécaniques inhabituels nourrit les soupçons. Sur le Samyn, Van Aert était idéalement placé en tête lorsque l’incident est survenu, avant de perdre toute chance et de terminer seulement 60e. Un scénario qui, à ce niveau, frôle l’invraisemblable.
Cette suspicion intervient alors que le Belge effectuait son retour en compétition, ralenti ces dernières semaines par une série d’ennuis physiques – une blessure à la cheville lors d’un cyclo-cross, puis une gastro-entérite qui l’a privé du Het Nieuwsblad, course d’ouverture du calendrier belge. Autant dire que cette reprise, déjà prudente, prend une tournure frustrante pour l’un des coureurs les plus attendus de la saison.
Du côté de l’organisation, aucune confirmation n’a été donnée concernant la présence de débris suspects sur la chaussée, mais des vérifications ont été annoncées. La police locale pourrait également être sollicitée si des éléments accréditant la thèse d’un acte volontaire venaient à apparaître.
Wout Van Aert, lui, a déjà tourné la page. Samedi, il sera au départ des Strade Bianche, la classique italienne qu’il avait remportée en 2020. Reste que cet épisode laisse un goût amer. Dans un cyclisme plus exposé que jamais, où la sécurité des coureurs devient un enjeu central, le moindre doute suffit à semer l’inquiétude. Van Aert voulait simplement remettre un dossard ; il relance malgré lui un débat majeur sur la vulnérabilité du peloton.


