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Tour du Pays basque : Paul Seixas, le petit prince français qui écrase le World Tour à 19 ans

Paul Seixas - Photo by Icon Sport

À Bergara, ce 11 avril 2026, Paul Seixas a mis fin à dix-neuf ans de disette pour le cyclisme français en remportant le Tour du Pays basque, première course par étapes World Tour gagnée par un Bleu depuis Christophe Moreau en 2007.

À seulement 19 ans, après quatorze mois seulement chez les pros, le leader de Decathlon CMA CGM a pulvérisé la concurrence avec trois victoires d’étape et 2 min 30 sec d’avance au général sur l’Allemand Florian Lipowitz, dauphin et troisième du dernier Tour de France.

Ce triomphe panaché enterre les doutes d’une génération sacrifiée, de Thibaut Pinot à Romain Bardet, privée de succès majeurs. Succédant à Laurent Jalabert (1999), dernier Français au palmarès, Seixas devient aussi le plus jeune vainqueur d’une course par étapes World Tour de l’histoire, effaçant Tadej Pogacar (20 ans au Tour de Californie 2019). Dans un peloton royal — Lipowitz, Primož Roglič (explosé samedi), Isaac del Toro et Juan Ayuso —, le Lyonnais a tout balayé. Les deux derniers, favoris pour succéder à Pogacar, ont craqué et abandonné.

« On n’a pas vu ça en France depuis 50 ans.»

Sa sixième victoire de la saison confirme un début fulgurant. Excellent grimpeur, rouleur d’élite — champion du monde juniors du chrono en 2024 et vainqueur du CLM basque lundi —, Seixas excelle aussi en descente et en attaques folles, à la Pogacar. Étudiant en école de commerce, formé au VC Villefranche Beaujolais puis chez AG2R Citroën jeunes, il allie talent pur et maturité rare.

« On n’a pas vu ça en France depuis 50 ans. C’est tout simplement exceptionnel », s’enthousiasme Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, depuis Compiègne avant Paris-Roubaix. Le pays, orphelin de succès masculin sur la Grande Boucle depuis Bernard Hinault (1985), rêve déjà d’un nouveau prince. Flegmatique face aux micros en français comme en anglais, Seixas gère son rôle de leader avec aisance, dépensant parfois une énergie superflue mais toujours avec panache.

Et le Tour de France 2026 ? La question brûle les lèvres. À 19 ans dans un sport d’endurance où l’expérience compte, il doit d’abord bâtir sa « caisse ». Pourtant, ses résultats hurlent l’évidence. La décision tombera après la Flèche Wallonne (22 avril) et Liège-Bastogne-Liège (26 avril), où un duel face à Pogacar fait saliver le monde. Pour l’instant, le « petit prince » français brûle les étapes sans trembler, promettant une ère nouvelle au vélo tricolore.

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