Quentin Fillon Maillet, neuf fois dans l’histoire : l’épopée dorée du biathlon français

Anterselva, sanctuaire du biathlon, a vu naître une légende vendredi. En décrochant le bronze sur la mass start des Jeux olympiques d’hiver 2026, Quentin Fillon Maillet a inscrit son nom au sommet de l’olympisme français. Neuf médailles au compteur, un record absolu qui le fait entrer dans une dimension où seuls les plus grands ont accès.

Quatre ans après sa quinzaine exceptionnelle à Pékin 2022, où il avait raflé cinq médailles dont deux en or, le Franc-Comtois a de nouveau tutoyé la perfection. À Anterselva, il a cueilli trois nouvelles breloques dorées – en sprint, en relais mixte et en relais masculin – avant d’ajouter une touche de bronze sur la mass start, comme un clin d’œil du destin.
C’est dans cette même épreuve qu’il s’était manqué en Chine, plombé par trois erreurs au dernier tir. Cette fois, le scénario a viré à la consécration. Malgré un vent traître et quatre fautes au pas de tir, Fillon Maillet s’est arraché sur la boucle finale pour dépasser Philipp Horn et sécuriser la troisième place, derrière les Norvégiens Dale-Skjevdal et Laegreid.

Son entraîneur Simon Fourcade n’a pas caché son admiration : « Je n’avais aucun doute. Ce terrain lui va à merveille, l’altitude, les profils, tout est taillé pour lui. » La déclaration sonne comme une évidence : le site italien, perché à 1 600 mètres, a toujours porté bonheur au biathlète, depuis sa première victoire en Coupe du monde en 2019.

Le Français le plus titré de l’histoire

Avec neuf médailles, Fillon Maillet dépasse Roger Ducret et Philippe Cattiau, figures emblématiques de l’escrime des années 1920-30 (huit médailles chacun). Il devient ainsi le sportif français le plus décoré des Jeux, été et hiver confondus, un symbole d’endurance et de régularité dans une discipline d’une exigence extrême.
Ce record relègue au second plan les exploits de Teddy Riner (sept médailles) ou encore les promesses à venir de Léon Marchand (cinq). Et l’histoire pourrait encore s’écrire : à 33 ans, le biathlète du Grandvaux n’a pas clos le chapitre. Une prolongation jusqu’en 2030, année de ses 37 ans, n’a rien d’impossible s’il vise désormais les six titres olympiques de Martin Fourcade, sa référence et ancien coéquipier.

Entre Pékin et Milan-Cortina, Fillon Maillet a pourtant connu des creux. Fatigué par la gloire, usé par la routine, il avait vécu des saisons irrégulières. Mais sa persévérance a payé. « C’est un modèle de travail et de sérénité, confie Émilien Jacquelin. Quentin n’abandonne jamais. Il se surpasse toujours quand l’enjeu est immense. »

Le biathlon français sur un nuage

Les chiffres confirment la domination tricolore : onze médailles pour le clan bleu à Anterselva, dont cinq en or. Et la moisson pourrait encore s’enrichir avec la mass start féminine, où Julia Simon, Lou Jeanmonnot, Océane Michelon et Justine Braisaz-Bouchet visent également le podium.
Mais quel que soit le dénouement, un fait demeure : le biathlon français vient d’entrer dans une nouvelle ère, incarnée par un homme qui s’est hissé au sommet de l’Olympe, fusil à l’épaule et sourire discret. Quentin Fillon Maillet n’est plus seulement un champion : il est devenu une figure intemporelle de l’histoire du sport français.