Tony Yoka (26 ans, 5 victoires dont 4 par KO) prépare la fin de sa suspension avec un combat de rentrée en juillet prochain. Le champion olympique de Rio cherche un adversaire et affirme que les boxeurs français « l’évitent ». Johann Duhaupas (38 ans, 37 victoires dont 24 par KO, 5 défaites) relève le défi. Il se dit prêt à l’affronter en fin d’année. Il s’explique auprès de Sport.fr.

Sport.fr Comment réagissez-vous aux propos de Tony Yoka à votre encontre. Est-ce vrai que vous ne voulez pas l’affronter ?
Johann Duhaupas C’est ce qu’il prétend. J’ai discuté l’année dernière. On était d’accord pour se rencontrer en fin d’année. Je n’ai pas de problème pour l’affronter, mais pas en juillet comme il le veut. Tony Yoka me défie parce que j’ai de l’intérêt pour lui. Il vise le titre mondial, il doit faire mieux que certains face à moi. Jarrell Miller (23 victoires, dont 20 avant la limite et un nul) ne m’a battu qu’aux points. Deontay Wilder (l’Américain est le champion WBC des lourds, âgé de 33 ans, il est invaincu : 40 victoires, 1 nul, ndlr) n’a pas réussi à me mettre KO. Il doit faire mieux qu’eux.

Il dit que vous l’évitez…
Il sait très bien que c’est faux. J’ai boxé tout le monde partout à travers la planète, ce n’est pas Tony Yoka qui va me faire peur. J’ai 38 ans, ma carrière est derrière moi. Je sais que je vais disputer mes derniers combats. Je ne cours plus après ces gars-là. Ce n’est pas « quand Monsieur décide » que je dois l’affronter. Il sait très bien que je veux être auprès de ma femme qui a une grossesse compliquée. Ce n’est pas possible pour moi de se préparer correctement pour juillet.

C’est donc simplement une affaire de dates ?

Tout à fait. Je décroche pour m’occuper de mon bébé et après je suis disponible pour affronter n’importe qui. Tony Yoka ou un autre. C’est juste que juillet, c’est trop tôt. Quand je vais reprendre je vais revenir avec « l’envie ». J’ai toujours tout accepté. Tony Yoka est ridicule s’il dit que j’ai peur de lui. Je n’ai refusé personne, j’ai boxé dans le monde entier.

La situation est figée. Qu’est-ce qui pourrait faire avancer les choses?
C’est simple, on se rencontre en fin de l’année…

Pourquoi devrait-il vous combattre vous plus que Raphaël Tronché ?
Dans la logique des choses, il doit boxer Raphaël Tronché en juillet pour son combat de reprise. Et s’il bat Raphaël, je bien « si », il m’affronte alors en fin d’année. Il ne veut pas combattre Carlos Takam parce que c’est son ami. Je peux comprendre. Mais avant moi, il y a Raphaël Tronché, le champion de France. Il bat le champion de France, et nous on se fait un gros combat en fin d’année.

« Si je bas Tony Yoka ce serait catastrophique pour lui, alors que ça ne changera finalement pas grand-chose pour moi »

En même temps, la polémique a toujours fait partie de la boxe…
On a parlé de ce combat l’année dernière. On échangeait avec Tony sur le sujet. Chacun avançait ses idées pour faire une bonne promotion. Mais depuis un petit moment, on ne se parle plus et il annonce qu’il veut me boxer sans me prévenir. Ce n’est pas acceptable.

Duhaupas contre Yoka sur un ring, ça donnerait quoi ?
Tony Yoka a un gros passé de boxe amateur, il boxe depuis l’âge de six ans. Il a aussi de l’expérience avec des camps d’entraînements avec les meilleurs du monde. C’est sûr qu’on n’a pas le même parcours. Mais j’ai pour moi l’expérience des combats professionnels en douze rounds. Pas lui. Tactiquement, je serai mobile, rapide et surtout offensif. Il est plus grand, plus jeune, ma force c’est d’être offensif. C’est ce que demande mon public.

Quelle est votre motivation aujourd’hui ?
Je ne veux pas avoir de regret quand je vais arrêter. Je veux aller jusqu’au bout et ne pas m’arrêter maintenant et reprendre dans deux ans comme le font certains. Je veux donner au public ce qu’il aime chez moi. Je suis un boxeur à l’ancienne. On m’a surnommé « Rocky » parce que je donne tout sur un ring. Si je bas Tony Yoka ce serait catastrophique pour lui, alors que ça ne changera finalement pas grand-chose pour moi.