Trois secondes et huit dixièmes. C’est tout ce qu’il aura manqué à Océane Michelon pour décrocher un titre olympique qui lui tendait les bras. Kirkeeide a surgi sur la dernière boucle, laissant une France partagée entre fierté et frustration.
Sur l’anneau glacé de Cortina, la tension se lisait dans chaque regard. Michelon, impeccable au tir avec un 10/10 d’école, tenait la course parfaite. Son allure fluide et régulière donnait le sentiment que rien, ni le vent ni la pente, ne pourrait la priver de l’or. Et pourtant, la dernière Norvégienne au départ, Maren Kirkeeide, a renversé le scénario. Sa dernière boucle, portée par une vitesse hallucinante, a fait basculer la course dans un murmure d’incrédulité. Trois secondes et huit dixièmes plus vite. Un instant suspendu entre colère et admiration.
Une domination tricolore qui ne faiblit pas
Lou Jeanmonnot, troisième malgré une faute, ajoute une nouvelle médaille à sa collection déjà impressionnante. Trois podiums olympiques en quelques jours, c’est colossal. L’équipe de France, elle, égale déjà son record historique en biathlon : sept médailles, et ce n’est peut-être pas fini. Sauf que, dans les regards des coachs à la sortie du stade, on sentait encore un brin d’amertume. Trop courte, cette marge. Trop injuste, diront certains. Mais ces Jeux, entre la précision chirurgicale des Bleues et la hargne nordique, n’ont visiblement pas dit leur dernier mot.
